La Sélection officielle de la Mostra du cinéma de Venise 2013

27 juillet 2013 Par
Celeste Bronzetti
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Sous le ciel brûlant de l’été italien la sélection de la soixante-dixième édition de la Mostra du cinéma de Venise a été dévoilée : c’est le directeur du festival Alberto Barbera qui l’a présentée hier, au cours de la traditionnelle conférence de presse.

Les projecteurs s’allumeront le 28 août prochain : parmi les 33 pays participants six sont les films français et six les américains, quatre les longs-métrages anglais sélectionnés et trois les italiens. Une présence inédite du film documentaire renouvelle cette édition 2013 et montre la vitalité d’un festival plus proche que jamais aux nouvelles tendances du cinéma contemporain.

Venezia 70
Pour la première fois un festival consacré au septième art atteint sa soixante-dixième édition et, pour l’occasion, le jury présidé par Bernardo Bertolucci, déterminera l’image du cinéma contemporain international. Lauréat deux fois à la Mostra comme meilleur réalisateur, Philippe Garrel présente au public du lido sa nouvelle création, La jalousie, une histoire d’amour, mais d’un amour double… Parmi les productions françaises il y aura aussi le nouveau film franco-algérien du metteur en scène Merzak Allouache, Es-Stouh (LesTerrasses), qui raconte dans l’espace d’un seul jour cinq histoires sur le fond de cinq terrasses algéroises. Et encore Amos Gitai, réalisateur et artiste hétéroclite israélien dont l’œuvre frappe par sa fécondité et sa variété (Ana Arabia) et le très jeune canadien Xavier Dolan, (Tom à la ferme). Parmi les pellicules italiennes, les plus attendues sont L’intrepido, « un film sur un métier qui n’existe pas » réalisé par Gianni Amelio et Via Castellana Bandiera de Emma Dante : avec les participations suisse et française, il s’agit d’ une histoire aux traits vaguement grotesques inspirée par une petite ruelle palermitaine, si étroite que « deux voitures ne peuvent pas passer au même moment»… Parmi les productions marquées USA,David Gordon Green, rentré de Berlin il n’y a pas longtemps avec l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur, présentera Joe, avec Nicolas Cage et Tye Sheridan. Du côté de l’animation, Venezia 70 est cachetée par le retour du grand dessinateur et réalisateur japonais Hayao Miyasaki, qui avait participé la dernière fois à la Mostra en 2008 avec Ponyo sur la falaise. Mais comme Barbera l’a bien expliqué dans son discours de présentation, Venezia 70 est aussi l’édition du festival où le cinéma de fiction rencontre celui de documentation. Deux sont les documentaires sélectionnés : Sacro Gra de Gianfranco Rossi, un voyage autour du périphérique romain à la recherche d’histoires à raconter, dans le cadre du projet « Nuovi Paesaggi Urbani », et The Unknown Known de l’américain Errol Morris.

L’autre Mostra Comme d’habitude, a complété la play list officielle, trois sont les catégories qui la côtoient : Orizzonti présente les nouveaux courants du cinéma contemporain, tous genres confondus etVenezia Classici, compte quelques uns parmi les trésors restaurés de l’héritage du cinéma du passé.

Mais c’est dans la sélection Hors Compétition que l’on retrouve l’autre âme du festival, souvent complémentaire à celle du concours officiel. Gravity est le film qui ouvrira la soixante-dixième Mostra : réalisé par Alfonso Cuaròn, avec Sandra Bullock et George Clooney, c’est le nouveau, très attendu, Warner Bros picture qui lancera le festival le soir du 28 Août. Parmi les célèbres cinéastes qui peuplent cette catégorie d’excellence, on retrouve le sud-coréen Kim Ki-Duk avec Moebius, Ettore Scola avec un film en hommage à Federico Fellini et l’américain Paul Schrader avec The Canyons.

A célébrer l’anniversaire de la Mostra, l’initiative originale Venezia 70 Future Reloaded, présentera un ensemble de soixante-dix courts métrages réalisés par autant de réalisateurs qui ont marqué l’histoire du cinéma. Ces petits films de la longueur d’une minute à peu près seront présentés au public et à la presse pendant toute la durée du festival. D’ailleurs, comme Barbera l’a bien soulignée dans son discours inaugural, cette édition 2013 aspire à raconter «la fragmentation et la schizophrénie qui semble caractériser l’univers des images en mouvement », mais aussi la rencontre de la fiction et du documentaire, du long-métrage et du court métrage, du passé et du présent d’un cinéma contemporain qui ne cesse jamais de ranimer sa voie à la créativité.

La programmation complète du festival