Musique
[Live Report 26/07/2013] Sigur Ros couronne la soirée finale de Ferrara sotto le stelle 2013

[Live Report 26/07/2013] Sigur Ros couronne la soirée finale de Ferrara sotto le stelle 2013

27 juillet 2013 | PAR Celeste Bronzetti

IMG_0843Après la participation 2012 au festival italien Ferrara sotto le stelle, toutelaculture redouble l’aventure en 2013. Il y a un an furent les notes folk de Bon Iver là, à consteller la nuit emilienne, hier, ce fut le son perçant marqué de Sigur Ros. Le festival retrouve le décor qui lui est propre et Piazza Castello est enveloppée par la charmante spiritualité dégagée par le groupe islandais.

La ville d’Arioste, elle nous le démontre tous les ans, accueillit l’un des festivals les plus passionnants de l’été italien. Si pour des questions de sécurité liées au tremblement de terre, l’édition précédente nous a fait découvrir un endroit un peu excentrique et oublié comme le vélodrome de Ferrara, cette année le plateau « sous les étoiles » récupère sa toile de fond : les pierres rougeâtres et bien brûantes du château d’Este et de la place Castello. La symphonie de Sigur Ros achève le chef d’œuvre.
Kveikur, dernier album du groupe, exalte l’habilité, déjà connue chez Sigur Ros, de mélanger des références musicales très éloignées avec un sens de la création profonde et cultivée et un son toujours pénétrant. Il y a du rock pur mais aussi dans sa version progressiste et postmoderne, il y a la tradition de la musique classique qui fusionne à la touche électronique bien actuelle. Il y a enfin un son vague et minimaliste mais qui est capable d’atteindre des pointes d’une puissance inédite. L’intensité de cet album semble toucher l’apogée.
Il est 21h40 quand le groupe monte sur scène pour la dernière soirée du festival : onze jeunes musiciens prêts à se laisser guider par l’empathie magique qui entraine les plus grands orchestres de l’histoire de la musique classique. Jònsi, son archet à la main, gagne la place centrale du plateau et commence à jouer sa guitare électrique comme si elle était un violon. A son coté, le batteur le suit dans une suite inspirée et enragée de morceaux exécutés de façon exemplaire. Derrière, trois violonistes, jouent la chorale du groupe à l’occasion. Les chansons de Kveikur se succèdent et s’entrecoupent aux plus vieux morceaux : des excursions rapides dans Agaetis Byrjun, Takk, le plus récent Valtari, a témoigné de l’évolution et de la recherche continue de ce groupe. Les images derrière suivent les sons : des volcans et des glaciers, du feu et de l’eau dessinent sur l’écran la tension musicale à l’absolu. Des lignes droites sont projetées sur l’écran et, de temps à autre, semblent suivre le mouvement des ondes radio : dans leur chemin, s’accordent à l’âme plus électronique de la musique de Sigur Ros, mais des figures humaines apparaissent peu après, pour nous rappeler que cette symphonie contemporaine s’inspire à la nature dans toutes ses représentations.
Des lanternes éparses sur la scène illuminent comme des petits foyers le spectacle touchant offert par Sigur Ros : dans une soirée caniculaire, les montées harmoniques de cette musique classique contemporaine ont ouvert à Ferrara un espace de mysticisme qui l’a emporté sur la chaleur étouffante. Un souffle poétique.

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Celeste Bronzetti

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