FFA Angoulême : Jour 3 , Ventre mou et rançon du succès

25 août 2017 Par
Sylvain Lefèvre
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Mi-course du festival, ce jeudi placé sous le signe d’un léger relâchement amena son lot d’intéressantes rencontres, de découvertes mais aussi de déboires.

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Ah ce fameux troisième jour que tous les habitués de festivals connaissent bien. Souvent placé sous le signe des bonnes résolutions : « j’ai fait trop fort ces deux derniers jours, je vais me calmer ». Le manque de sommeil, l’abus de projections, les produits locaux dont l’abus etc…Autant de bonnes raisons à ces résolutions qui pourtant ne résisteront que rarement au coucher du soleil. Ce fameux jour qui n’est plus vraiment le début mais où il est encore trop tôt pour parler de la fin. Une journée mi-figue, mi raisin.

Le calme
Le FFA n’échappe pas à la règle. Ce jeudi fût presque calme. La pléiade de stars des premiers jours s’est légèrement tarie. Les quidams nombreux aux abords de sites de projection ou de l’hôtel frôlent parfois le désabusement : « Non, lui je l’ai déjà fait hier ». Côté organisation, on est déjà presque au lendemain à caler les arrivées très attendues de Gérard Depardieu et Catherine Deneuve parmi d’autres.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est ni à l’hôtel Mercure, ni dans un cinéma que le point d’orgue de la journée avait pris place. Tradition oblige, le président du jury sacrifiait aujourd’hui, et de très bonne grâce, à la traditionnelle « masterclass ». Une leçon de cinéma délivrée de la bouche de John Malkovich en personne, cela ne se boude pas. Programmée en milieu d’après-midi, elle drainait un large public très éclectique, du cinéphile amateur à l’étudiant en cinéma en passant par le fan absolu. Chacun devait y trouver son compte, sourire charmeur du maître compris.

Et la tempête
Autre lieu, autres mœurs mais ô combien compréhensibles, le public du festival a fait les frais de l’intérêt suscité par le dernier opus de Guillaume Gallienne. Dès la fin de matinée, ils étaient déjà très nombreux à patienter vaillamment sous un soleil de plomb. Hélas pour plusieurs dizaines d’entre eux, ce fût en vain car bien vite la salle de cette avant-dernière projection de la semaine fût annoncée « complète ». A ceci près que quelques rangs affublés du fameux panonceau « réservé » demeuraient vides. Echauffés par le soleil et la longue attente on devine sans peine le mécontentement d’une trentaine de refoulés qui tentèrent de passer en force. S’ensuivit une réelle cohue dont on se serait bien passée. Le festival, en annonçant dans l’après-midi qu’une nouvelle projection était d’ores et déjà programmée pour dimanche, semble avoir pris la mesure de l’incident et par là même de l’ampleur du succès de l’oeuvre. Dominique Besnehard, dans un communiqué, évoque la nécessité de revoir à la hausse le nombre des séances lors des prochaines éditions. Nulle intention ici de désigner quiconque à la vindicte populaire. Coordination, logistique et attrait grandissant du festival sont désormais à réconcilier afin que le FFA demeure ce festival où l’on prend plaisir à se rendre.

Fin de la journée aidant, l’agitation cinématographique a repris ses droits dans le bastion des festivaliers autour de quelques grands noms. Accompagné de la très jolie Adeline d’Hermy, sociétaire comme lui de la Comédie Française, Guillaume Gallienne, venait défendre « Maryline » face aux médias. De leur côté, Roschdy Zem et Tahar Rahim accompagnaient le réalisateur Teddy Lussi-Modeste, chef d’orchestre du « Prix du succès » qui sortira en salle dès la semaine prochaine. En soirée, ce fût au tour de Léa Pool – prix du public FFA en 2015 et couronnée de succès dans son Québec d’origine pour « La passion d’Augustine » – de ravir ses fans en leur réservant la primeur mondiale de son dernier film « Et au pire, on se mariera » sur les écrans mi-septembre.