Sophie Gourion, l’électron libre du féminisme !

8 mars 2018 Par
Sarah Dray
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« Brune sans filtre. Féministe à talons » ce n’est surement pas comme ça que se présenterait la plupart des féministes. Et pourtant, ce sont les premiers mots de la bio Twitter de Sophie Gourion. Dans le monde du féminisme, Sophie est un électron libre. Passionnée sans être labellisée, elle peut cependant vous parler pendant des heures de chacun des combats féministes.

Si elle est engagée depuis plusieurs années, Sophie Gourion n’est pas tombée dans la marmite du féminisme quand elle était petite. Mais quand elle était enceinte de sa fille, elle a vite remarqué que les inégalités commençaient très tôt. Même au stade de fœtus, on parlait de sa fille très différemment que de son fils ainé. Quand des coups se faisaient sentir, lui devait être un enfant vif, qui gigote, alors qu’elle était déjà une capricieuse.

En plus de ça, chacun y allait de son petit conseil pendant la grossesse et n’en finissait pas de toucher son ventre, sans permission. Quand ce n’était pas les injonctions à répétitions..

Il n’en fallait pas plus à Sophie pour commencer à s’intéresser à la « lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes », comme elle définit le féminisme. Elle rappelle qu’il ne s’agit bien sur pas de « la guerre des sexes » ou « d’écraser les hommes ».

Elle va alors se plonger dans la lecture de blogs féministes, dans les comptes Twitter de féministes 2.0, afin de se forger une opinion sur les questions des inégalités entre les femmes et les hommes.

A l’époque, Sophie travaille chez L’Oreal depuis une dizaine d’années, elle aura donc vite fait de trouver un sujet qu’elle connait et qu’elle peut étudier sous cet angle et crée un blog sur le décodage des pubs sexistes.

De fil en aiguille, Twitter devient l’occasion d’exprimer publiquement ses opinions féministes et de les aiguiser. Laurence Rossignol la découvrira et l’embauchera sur le réseau social, au poste de chargée de communication au ministère des droits des femmes. L’expérience fut aussi intense qu’enrichissante. Sophie nous parle avec émotion de l’opération « Sexisme pas notre genre », événement exceptionnel et occasion inoubliable de voir les associations mobilisées autour de 700 projets partout en France.

Elle en a conscience, être féministe ce n’est pas facile. Il faut avoir un avis sur tout, et qu’il soit tranché, que ce soit dans les diners de famille ou lors d’un entretien d’embauche. Et pourtant, elle veut croire que la cause du quinquennat est un signal positif, et que le 8 mars est une occasion de parler de la lutte pour l’égalité des droits réels.

Sophie n’est labellisée sous aucune « bannière » féministe, elle veut garder sa liberté de ton et de penser. de même, elle ne veut rien interdire à ses enfants, mais veut pouvoir débattre avec sa fille de Martine « qui se tape tout le ménage pendant que son mari regarde la télé » ou commencer à penser à la façon de transmettre la notion de consentement à son fils.

Le message qu’elle cherche aussi à faire passer lors des nombreuses interviews qu’elle donne, c’est qu’il n’y a pas priorisation des combats. Pour elle, tous les combats sont importants et tous les sujets forment un « continuum », de la blague sexiste aux violences faites aux femmes, en passant par l’écriture inclusive ou les inégalités salariales.
Et donc Sophie Gourion ne supporte pas qu’on répète aux féministes, qu’elles se trompent de combat, ou encore pire, que certains sujets sont trop importants pour elles.

Un cependant lui tient particulièrement à cœur, c’est celui des violences faites aux femmes et de leur traitement journalistique. Sophie a créé un Tumblr pour répertorier ce mauvais traitement et les détournements odieux que l’on trouve dans la presse.

Elle s’indigne également qu’on remette toujours en cause la parole des femmes, quand les faux témoignages ne représentent que 2% des accusations des femmes. Aussi, elle a peur que le retour de bâton de #balancetonporc puisse être violent pour les féministes. Mais en attendant, Sophie trouve que de voir la peur changer de camp, ça fait chaud au cœur pour toutes ces femmes.

Et que ce soit le 8 mars ou tous les autres jours, on peut compter sur Sophie Gourion pour être en première ligne, sans relâche, sans arrêt, avec sincérité et courage.

Son blog :http://www.toutalego.com/

Son Tumblr : https://lesmotstuent.tumblr.com/