[Critique] du film « Nos pires voisins 2 » grasse comédie américaine à l’ambition féministe

8 juillet 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Nos pires voisins 2 (Neighbors 2 Sorority Rising) est une copie quasi conforme du premier épisode, retrouvant son sympathique casting (Seth Rogen, Rose Byrne, Dave Franco, Zac Efron) et son argument de conflit générationnel. L’humour est toujours aussi en dessous de la ceinture mais Nicholas Stoller étonne avec un propos féministe très présent et plutôt bien amené. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Mac et Kelly Radner, pour l’arrivée de leur deuxième enfant, sont enfin prêts à franchir l’étape ultime vers la vie adulte et déménager en banlieue. Mais alors qu’ils mettent tout en œuvre pour vendre leur maison, une sororité d’étudiantes décomplexées succède à l’ancienne fraternité de Teddy, les surpassant largement en termes de débauche et tapage nocturne. 

Nos pires voisins était une comédie lourdingue assez classique sur le passage à l’âge adulte, vite vue vite oubliée, sans être une purge. La suite auto-plagie le concept avec un certain succès en remplaçant la « fraternity » (garçons) par la « sorority » (filles), ajoutant une touche de féminisme et de modernité à un univers toujours aussi sexo/scato/trash. Nos pires voisins 2 (Neighbors 2, Sorority riging) s’inscrit dans une problématique très contemporaine qui continue de faire l’actualité ces derniers mois aux Etats-Unis: le slut-shaming, le sexisme et la rape-culture (culture du viol) au sein des facs américaines. Chloé Moretz incarne une ado qui refuse le moule imposé aux jeunes étudiantes, considérées comme des trophées à remporter de gré ou de force, dans les grandes fêtes universitaires où alcool et drogues coulent à flot pour limiter les inhibitions (et faciliter le « consentement »). Avec plusieurs amies, elle décide de créer une maison féministe, où les membres se sentiraient libres de penser, s’habiller, agir et s’amuser comme elles le souhaitent. Au grand dam du couple de voisins qui essaient de boucler la vente de leur propriété et s’éviteraient bien la présence d’une colloc géante juste à côté de chez eux.

Nos pires voisins 2 reprend l’humour régressif du 1, accumule les gags scatos et fonce la tête la première dans la vulgarité la plus assumée (dans ce temple de délicatesse, les bébés jouent en permanence avec des sex-toys et les gens se vomissent dessus en faisant l’amour). La comédie joue sur des gags visuels réinterprétés (retour de l’explosion d’airbag, destruction de maison, etc.) et des dialogues ping/pong parfaitement servis par le couple Rose Byrne / Seth Rogen. Zac Efron est plus tendrement pathétique que jamais, dans un rôle de beau mec anciennement populaire et devenu sombre loser (ressemblant beaucoup à Channing Tatum dans 21 et 22 Jump Street). Les baisses de rythme sont légion, les ressemblances avec le premier opus sont trop visibles et l’accumulation de crade en rebutera certains . Nos pires Voinsins 2 réussit cependant à étonner en s’inscrivant pleinement dans les questionnements de la société américaine actuelle. On voit rarement dans des comédies grands publics un couple gay (Dave Franco / John Early) qui n’est pas un sujet en soi, un contre-modèle féministe auto-géré, des blagues assez tranchantes sur le politiquement correct, deux parents également tétanisés devant la responsabilité d’élever un enfant. Rien de purement révolutionnaire mais assez pour faire pencher la balance du côté de la mention « plutôt recommandable ».

Gilles Hérail

Nos pires voisins 2 (Neighbors 2 sorority rising), une comédie américaine de Nicholas Stoller avec Nicholas Stoller avec Seth Rogen, Zac Efron, Rose Byrneu, Dave Franco et Chloé Moretz, durée 1h33, sortie le 06/07/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film

LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

Laissez un commentaire: