Les guerres de PJ Harvey, Seamus Murphy, Don Mccullin et Issa Touma aux Rencontres d’Arles

10 juillet 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Pour ouvrir les Rencontres d’Arles, le festival a décidé pendant une petite semaine, ou plutôt pendant cinq nuits d’offrir dans le Théâtre Antique « Les nuits de la photographie ». En guise de clôture, une soirée sublime marquée par le sceau de la guerre. L’agence de commissariat Les Garçons Sauvages a invité PJ Harvey, Sam Stourdzé a convié Issa Touma, et le directeur de l’agence Contact Press Images, Robert Pledge, nous a présenté son ami Don Mccullin. Récit d’une soirée parfaite.

Le Kosovo et les bas-fonds de Washington DC par Pj Harvey et Seamus Murphy

La chanteuse et song-writer qui a offert au monde du rock alternatif des albums mythiques : (Dry,  To Bring You My Love) vient de donner naissance à un livre, The Hollow of the Hand dont les poèmes accompagnent, illustrent et révèlent les photographies de Seamus Murphy. Ils se sont rencontrés en 2011 et ont partagé une passion commune pour des territoires en crise : Le Kosovo, l’Afghanistan,  et les quartiers sombres de Washington.
Elle est minuscule, pantalon noir et haut blanc, posée là derrière son micro. Devant elle, le Théâtre Antique est plein à craquer. Derrière elle se niche un immense écran.
Elle dit la douleur du monde et un enfant en gros plan nous regarde et nous obsède. Un mix très élégant et très percutant de photographies et d’images nous embarque chapitre après chapitre vers des mondes que l’on ne connaît pas. Il y a cette dame qui marche dont on ne voit que les mains nouées dans le dos. Il y a aussi un hommage à Bowie et cet homme si fier que sa danse, verre en équilibre sur la tête, ait été capturée par Seamus.
Le résultat est une splendeur. Cette création des Garçons Sauvage est une totale réussite. Le voyage est là, dans la poésie de la nuit.

Par la fenêtre de Issa Touma à Alep.

Le 19 août 2012, la Révolution Syrienne commence. Le photographe Issa Touma est malgré lui aux premières loges. Cloîtré chez lui, il filme pendant 9 jours ce ckeck point de fortune où les morts tombent et où les tirs fusent.
Il est incroyable d’accéder à la guerre de si prés. Le témoignage de Touma est plein d’espoir. Il le dira ensuite en interview « il y a des gens à Alep ». Il est furieux contre la façon dont Alep est traitée dans les médias, comme une ville abandonnée. Son centre d’art, Art Camping existe et vit. Une grosse claque qui nous aura tous fait quitter Arles pour la Syrie.

La mémoire de Don Mccullin

Don Mccullin est un monument de la photographie. Aujourd’hui âgé de 80 ans, il revient sur sa carrière toujours en cours. Dans une rencontre fraternelle avec Robert Pledge, directeur de l’agence Contact Press Images, il raconte. Son enfance avant guerre, dans un taudis anglais, les privations. Puis toute une vie passée à montrer les horreurs du monde. Il fait un constat sec « Je n’ai rien changé à ce monde ». Il se trompe, ses photos, majoritairement en noir et blanc, aux compositions parfaites viennent attraper le regard des hommes et des enfants. En une image il dit la malnutrition en Afrique. En une autre la peur dans les yeux des soldats de la Guerre du Vietnam. Il se trompe car grâce à lui, tout comme grâce à Issa Touma et Seamus Murphy désormais nous savons et nous comprenons.

La soirée se termine sur la remise des prix. Le lauréat du photo folio rewiew 2016 est David Fathi et le prix découverte est revenu à Sarah Waiswa.


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