Une fausse baleine échouée à Paris pour sensibiliser à l’environnment

25 juillet 2017 Par
Gaspard de Florival
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Cette mise en scène qui a plongé les passants dans la stupeur est l’oeuvre du collectif belge Captain Boomer. Elle avait pour but de sensibiliser les parisiens au respect de l’environnement. Pari réussi? 

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Scène surréaliste en face de Notre-Dame à Paris. Vendredi dernier, les parisiens passant Quai de la Tournelle ont pu croisé sur leur route un cachalot, de 20 mètres de long, échoué sur la rive. Autour de lui,  s’affairant, des « scientifiques » en blouse blanche faisant mine de l’autopsier.

Oui mine car il s’agit en réalité d’une mise en scène, ou d’une performance, question de point de vue…C’est en effet dans le cadre du festival « Paris l’été » qui se termine au début du mois d’août que le projet a été pensé. Stéphane Ricordel, à la tête du festival a fait appel au collectif belge Captain Boomer, déjà connu pour ce type d’opération à Rennes en 2016 pour ce qui est de la France ainsi que dans d’autres villes européennes.

Dans la ville qui a accueilli la COP 21, le geste n’a rien d’anodin. La mise en scène à pour dessein de sensibiliser les parisiens au respect de l’environnement. D’autre part, les organisateurs de « Paris l’été » avaient, eux aussi, envie de rompre avec la promotion traditionnelle. En ce sens,  «On s’est demandé comment pourrait exister un festival à Paris autrement que par des affiches. Lors de la crue de la Seine de 2016, on a vu que les gens s’arrêtaient, se parlaient, une belle énergie circulait. On a voulu reproduire ça.» admet Stéphane Ricordel. Au delà donc de sa simple vocation écologiste, ce cachalot et ces acteurs scientifiques sont biens les protagonistes d’un projet culturel, d’une oeuvre d’art.
Van peel, membre de Captain Bomer,  explique qu’ « Il y a une dimension écologique au projet, bien sûr. Mais c’est aussi une confrontation avec la mort, avec la force de la nature, et aussi avec l’enfant qui est en chacun d’entre nous, cet enfant qui est déstabilisé, se demandant ce qui est réel, et ce qui ne l’est pas ». Laisser une planète propre aux générations futures, en somme. Et Bert Van Peel de poursuivre « Ce qui est important ici, c’est de réaliser que l’échouage des baleines est quelque chose qui a lieu depuis des siècles, et que nous ne savons pas pourquoi. Ce n’est pas nécessairement l’être humain qui est responsable, mais l’image a toujours perturbé les gens. »

La scène perturbe en effet, fait réagir, l’illusion est totale pour la majorité des passants qui n’en croient pas leurs yeux. Faire réagir, susciter le débats, des émotions, confronter l’homme à ce qu’il ne connait pas, tel est le but de l’art. Le collectif savait que l’opération allait créer un buzz. Alors même si les réseaux sociaux, piqués par la cocassité de l’image, n’ont pas forcément saisi la portée du spectacle, sa dimension environnementale, le fait est qu’ils se sont appropriés la scène, qu’ils l’ont partagées, retweetées.

On le voit, l’absurde est une arme. Faux scientifiques, fausse baleine, faux militantisme. Au final, quelle est la part de vérité? Au contraire,  qu’est ce qui est faux? Qu’est ce que l’on doit retenir de cette opération? A t-on été piégé?  Il semble en tout cas que l’on ait tous été acteurs de la scène sur la toile comme dans le monde réel. Et c’est en ce sens que l’on peut donc parler d’une mission réussie pour Captain Boomer.

visuel: © fabrice denis photography