Jérôme Kerviel remporte le combat contre la Société Générale

9 juin 2016 Par Aurelien Bouron | 0 commentaires

Jérôme Kerviel était devenu le symbole de la lutte contre les agissements abusifs des banques lors de sa marche de la rédemption. Hier, mardi 7 mai, il a gagné face à la Société Générale au prud’homme. Retour sur la version moderne de David contre Goliath. 

450 000 euros est la somme que la Société Générale doit verser à son ancien trader, Jérôme Kerviel. Son licenciement en 2008 a été jugé « sans cause réelle ni sérieuse ». Bien entendu un avocat de la banque a voulu taper du poing sur la table en qualifiant cette décision de scandaleuse et qui va à l’encontre de la loi. Un appel de ce jugement, presque devenu une tradition, est donc déjà sur le bureau du juge.

En 2008, Jérôme Kerviel avait misé 50 milliards d’euros et avait fait perdre presque 5 milliards à la Société Générale. Ce qui n’est pas très bien vu en pleine crise financière, on en convient. « Mais il est fou ! » pouvions-nous penser, pendant que la banque se positionnait en grande victime, affirmant qu’elle n’avait eu aucun vent des agissements de leur propre employé. 5 milliards d’euros à rembourser et 5 ans de prison dont 3 fermes, la situation du trader a connu des jours meilleurs.

Seulement, n’était-il pas le bouc émissaire d’un système bancaire sévèrement contesté ? En 2014, il envoie une lettre au pape, comme une bouteille à la mer. Une lettre où il raconte s’être égaré pendant ses années à la Société Générale, où il explique qu’il n’est pas le seul responsable, que la banque à l’enseigne rouge et noire est tout aussi en tort. « Déçu par la justice des hommes », il s’en remet donc à « la justice de dieu ». Il rencontre le pape François, à Rome, en février 2014 avec qui il discute de la tyrannie des marchés. Il décide alors d’utiliser ses jambes pour rentrer à Paris, pour une marche de la rédemption. Il devient alors une icône contre les agissements des banques. Il reçoit le soutiens inattendu de Jean-Luc Mélenchon pendant son parcours.

Les « panama papers » tombent très bien pour le trader et, on s’en doute, très mal pour la Société Générale qui se retrouve accusée d’avoir 979 sociétés offshore. L’image de victime en prend un coup. Depuis hier, la victime n’est plus rouge et noire mais arbore le visage de Jérôme Kerviel. Cette histoire n’est certainement pas terminée, mais la popularité du trader est toujours intacte.

Visuel: Capture d’écran YouTube


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