Restaurants & Bars

[Londres] Le TOP 50 de la gastronomie mondiale très suivi…et contesté

[Londres] Le TOP 50 de la gastronomie mondiale très suivi…et contesté

02 juin 2015 | PAR Jérôme Avenas

Hier au soir, à Londres, l’académie « The World’s 50 Best Restaurants » a dévoilé son classement des 50 meilleurs restaurants du monde. Cinq grandes tables françaises y figurent.  Cette année encore, la méthode du « concours » est critiquée. 

 

Depuis 2002, le rendez-vous des World’s 50 Best Restaurants s’est imposé dans l’univers des « foodies » et autres gourous de la gastronomie. C’est le restaurant « El Celler de Can Roca », à Girona en Espagne qui s’est vu attribué la prestigieuse place de « meilleur restaurant du monde » 2015, détrônant Noma (Copenhague) qui reste tout de même à la troisième place.

Pas de français dans le top 10, mais une onzième place pour Mirazur (Menton) et une douzième place pour Arpège (Paris). Viennent ensuite Le Chateaubriand (Paris), 21ème place, Astrance (Paris), 36ème place et Alain Ducasse au Plaza Athénée (Paris) à la 47ème place. Hélène Darroze a reçu le prix de la meilleure chef du monde.

Cette année encore, des voix françaises se sont élevées pour dénoncer une méthodologie opaque et des motifs discutables. Hind Meddeb, Zoe Reyners, et la blogueuse Marie (Eatsider) ont même lancé une pétition : « Occupy 50 Best ». Sur le site consacré au mouvement, on trouve, entre autres, ces arguments :  « Parce que le jury du 50 Best est composé, entre autres, de chefs et agents qui sont, par conséquent, juge et partie (…) Parce que le 50 Best ne donne aucune grille de critère à son jury (…) Parce que le 50 Best n’exige aucune preuve du passage de ses votants dans les restaurants (…) Parce que 6 femmes en 4 ans au 50 Best c’est vraiment peu. »

De son côté, l’Académie explique dans son « manifesto » que pas moins de 1000 experts du monde de la gastronomie sont mobilisés sur 27 régions du monde et qu’elle renouvelle chaque année à hauteur de 30% de cet effectif. Publication de chiffres et efforts de transparence calmeront-ils les réticences ? Les signataires de la pétition sont loin d’être tous français, et on trouve au bas du pamphlet de grands noms de la gastronomie mondiale.

Bien sûr, pour un français, sûr de lui et de son héritage gastronomique, voir un maître comme Alain Ducasse surnager péniblement à une 47ème place, c’est dur. Surtout que depuis quelques temps dans les médias du monde entier, le French bashing ne s’arrête plus aux 35 heures ou aux déjections canines sur les trottoirs de Paris. La France perdrait son identité culinaire – pire, elle vendrait son âme à la junk food (la France était en 2009 le deuxième contributeur aux résultats du groupe McDonald’s). C’est pour cette raison qu’en mars dernier, un collectif de chefs français a lancé l’opération « Goût de France / Good France »  : dans une même soirée, sur cinq continents 1000 chefs ont concocté un menu pour promouvoir l’excellence de la gastronomie française qu’au XXème siècle personne n’aurait osé discuter. La soirée a été commentée avec humour et irrévérence  par William Sitwell dans un article savoureux paru dans « The Telegraph », auquel Philippe Bernard a répondu dans « Le Monde ». Mais vraiment, peut-on en vouloir aux britanniques d’avoir pris en main le destin gastronomique de leur pays ? Il suffit de faire un tour, un samedi matin, à Borough Market (Londres) ou se brancher sur Saturday Kitchen (BBC One) pour constater que l’Angleterre est aux fourneaux.

Photos : ©The World’s 50 Best Restaurants 2015, sponsored by S.Pellegrino & Acqua Panna, and onEdition Photography, the official the photographers for 2015

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Jérôme Avenas

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