Mode

Oranges et blanches, les années Hermès de Martin Margiela flamboient au Musée des arts décoratifs

Oranges et blanches, les années Hermès de Martin Margiela flamboient au Musée des arts décoratifs

23 avril 2018 | PAR Yaël Hirsch

En 1997, le président d’Hermès, Jean-Louis Dumas, donne carte blanche à Martin Margiela pour 12 collections de prêt-à-porter pour femmes jusqu’à 2003. Créée par le Musée de la mode d’Anvers, l’exposition de pièces cultes est visible aux Arts décoratifs jusqu’au 2 septembre.

[rating=3]

Dans une magnifique scénographie signée Bob Verhelst ou l’orange d’Hermes et le blanc de la maison Martin Margiela (créé en 1988) se confrontent en grands rectangles de couleur, c’est à la fois de manière thématique et chronologique que les années Martin Margiela chez Hermès sont remémorées à travers des pièces iconiques venues aussi bien de Belgique (MoMu) que de France. On commence de plain-pied par comprendre combien le monochrome de la scénographie est au cœur du travail de Margiela pour Hermès. Son travail de modernisation passe par de la matière noble (cuir, cachemire, flanelle…) et le choix de mannequins non professionnelles, femmes de 1925 à 1970, « de caractère », loin des clichés du milieu de la mode. Le style est uni, tube, élancé, à peine parfois strié et empilé.

Alors que l’exposition qui a lieu en ce moment au Musée Galliera (lire notre article) nous rappelle combien le créateur flamand est déjà connu et plutôt affilié à Jean-Paul Gaultier pour sa rébellion de la structure et son questionnement grunge, chez Hermès, la mutation passe par un jeu sur la forme porte droit au cœur de grands classiques revisités : pulls vareuse en flanelle XXL (1998), cols roulés, Duffle-Coats très structurés et déconstruction du trench en enlevant une manche, ou remplaçant la ceinture par des bas de nylon ou des glaçons colorés qui bavent : la modernité de l’élégance passe par une vague de « slow fashion » que l’exposition prouve parfaitement subversive. Les accessoires viennent à la fin, avec le fameux harnais à vêtements ou la barque robe faite de bagues de fiançailles. Une exposition tout d’un bloc et sur deux étages où l’on revoit passer une période et un luxe fou mais où l’on aurait peut-être aimé avoir aussi accès aux coulisses.

visuels : visite de l’exposition (c) YH

Enceinte, Julie Fuchs congédiée par l’Opéra de Hambourg
La réalité virtuelle : un jeu d’enfants !
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *