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Galliera expose les surdimensions de Margiela

Galliera expose les surdimensions de Margiela

01 mars 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam


De son premier défilé au café de la Gare en 1989 à la collection des 20 ans en 2009, le Palais Galliera expose les réflexions du créateur sans visage

130 silhouettes, dans une direction artistique pensée par le couturier belge, rendent plus lisible l’apport de celui qui fût l’assistant de Jean-Paul Gaultier à la mode comme objet d’art.

La force des vêtements de Margiela est d’être des compositions au sens pictural du terme. L’exposition, chronologique, insiste avec raison sur les lieux de défilés, d’abord décalés ( La boîte de nuit Le Globo, la station de métro fantôme Saint Martin) avant de s’institutionnaliser (salle Wagram, Musée des Arts Décoratifs…)

Tout n’est qu’expérimentation ici à la fois sur le vêtement et sur la façon de le montrer. Très tôt dans sa carrière, dés son troisième défilé qui a lieu dans un terrain vague, il interroge ce qui sera nommé l’oversize. Il coud à 200 % et élargit les carrures.

Le résultat est grunge et les années 90 sont sa décennie. Il y a ce pull iconique tricoté par sa maman avec des bouts de manche à balais, et la signature célèbre faite d’un carré de fil blanc.

Martin Margiela dont on ne connaît pas le visage et qui n’a jamais donné aucune interview a offert à la Mode au moins trois notions : la récupération (il réutilisait les tissus d’un défilé à l’autre, jusqu’à inventer la collection Replica), le mélange des proportions (un tout petit buste avec une jupe immense), la permanence des chaussures japonaises (les Tabi).

Pour le seul couturier belge à avoir eu sa maison en France l’exposition que lui consacre le palais Galliera avant celle qui ouvrira aux Arts décoratifs le 22 mars dans le cadre de la saison Margiela apparaît comme un manifeste pour une autre perception de la mode moins esthétisante et plus performative.

Rappelons qu’après le départ de Martin, la maison Margiela a proposé une collaboration avec H&M où l’on pouvait trouver une robe oversize et une veste sans revers et au faux bord à bord. Les idées phares du couturier étaient passées dans la pop culture.

Si vous aimez la mode et l’art le plus contemporain, plongez-vous dans l’univers de cette exposition à la belle scénographie qui évite l’éternel alignement de mannequins grâce à une alternance de vitrines pensées comme des polaroids et une circulation aux allures labyrinthiques.

À voir du 3 Mars au 15 juillet au Palais Galliera ( Paris)

Visuels  ©

Martin Margiela, veste plate sans manches, Printemps-été 1998
Toile de laine et polyester aplatie au fer
Martin Margiela, sleeveless jacket, Spring-summer 1998
Wool and polyester fabric flattened by an iron
© Françoise Cochennec / Galliera / Roger-Viollet

Martin Margiela, semelles « tabi », Printemps-été 1996
Cuir noir
Martin Margiela, Tabi soles, Spring-summer 1996
Black leather
© Françoise Cochennec / Galliera / Roger-Viollet

Martin Margiela, veste-perruques et postiche, Automne-hiver 2008-2009
(collection « Artisanal »), puis Printemps-été 2009
Cheveux synthétiques blonds, taffetas ivoire
Martin Margiela, wigs and hairpieces jacket, Fall-winter 2008-2009 (“Artisanal”
collection), then Spring-summer 2009
Synthetic blond hair, ivory taffeta
© Stéphane Piera / Galliera / Roger-Viollet

Infos pratiques

Aubercail
Théâtre Saint-Georges – Paris
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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