Mode
Croix byzantine : l’intemporelle

Croix byzantine : l’intemporelle

18 novembre 2013 | PAR Audrey Altimare

Depuis plusieurs saisons, les croix byzantines, et les croix en général, sont de plus en plus visibles. Elles se déclinent sous toutes les formes : vêtements, accessoires et décoration. Au regard des tendances, elles semblent être récurrentes, alors retour en force du divin ? Mise en évidence d’une identité rock ou mode intemporelle ?

 

Le 12 novembre, la version numérique du magazine Vogue France publiait un article sur la nouvelle collection de la marque de bijoux de luxe artisanaux Benedikt von Lepel. Dorée, noire, la collection est clinquante mais reste fine, avec pour élément central la croix byzantine.
Cette tendance accentue celle de plusieurs maisons, le plus souvent italiennes. Ce fut le cas pour Versace avec leur collection automne/hiver 2012 qui mettait en exergue leur empreinte rock, en déclinant cet insigne tout au long de la collection. Dolce & Gabbana quant à eux l’ont presque adoptée comme emblème. En faisant de la Dolce Vita et des standards de vie de l’Italie du Sud leur marque de fabrique, l’apparition de ces croix, la plupart du temps massives et placées en évidence au-dessus d’une robe noire, est très fréquente.
Dans le domaine de la joaillerie elle est également très prisée. Ainsi, Boucheron comme Chanel ont déjà décliné quelques-unes de leurs collections autour de ce signe, certaines remontant jusqu’à 1982. Néanmoins, le style, sans être plus sobre, ne semble pas s’adresser à la même clientèle, probablement plus âgée, aux goûts déjà affirmés. La croix byzantine apparaît alors comme intergénérationnelle et plutôt intemporelle. À y regarder de plus près, cet élément est présent dans toutes les générations. Il y a trente ans, au moment où explose la New Wave, elles sont très appréciées. Dans les années 1950, le rock n’roll fait son entrée en scène et les croix avec lui. Il n’était alors pas rare de les voir se dessiner en phosphorescence aux bas des cravates dans l’obscurité de salles de bals.
Les références divines semblent ne jamais avoir fait leur apparition sur la scène des tendances contemporaines. L’amalgame aurait sûrement pu être fait dans l’effervescence apocalyptique de la fin du monde, il y a presque un an. Néanmoins, de par leur utilisation des croix, les marques ont prouvé que la religion n’entrait pas en ligne de compte. La mode est parvenue à faire perdre à ce symbole son sens premier, et c’est avec brio qu’elle joue avec l’idéologie du XXIème siècle, transformant cette image millénaire en pur produit de consommation.
Visuels : © Campagnes Dolce & Gabanna 2013 et campagne Versace 2012.

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Audrey Altimare

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