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Arras Film Festival Jour 4 : « The Girl from the wardrobe » et « Miracle », plébiscités par les jurys

Arras Film Festival Jour 4 : « The Girl from the wardrobe » et « Miracle », plébiscités par les jurys

18 novembre 2013 | PAR Hugo Saadi

C’est sous un léger voile brumeux et un vent froid que débute cette dernière journée du Arras Film Festival. Après trois jours où se sont mêlées bonnes surprises et déceptions, le palmarès est attendu en fin de journée, mais il reste encore un film en compétition à voir : Kertu.

Cette quatrième journée a commencé de bonne heure avec la rencontre du réalisateur polonais Bodo Kox (photo 2) pour son film The Girl from the wardrobe. Tout de rouge vêtu et les cheveux bleus, il nous est apparu plein d’entrain, drôle et souriant, mais gardant tout son sérieux dans les réponses à nos questions. L’interview sera à lire dans les prochains jours sur Toute la Culture mais on peut déjà vous dire que le réalisateur est fier de son film, qui ne ressemble en aucun cas au film traditionnel polonais. De plus, il souhaite rester dans cette optique pour son prochain film, tout droit sorti de son imagination.

Tel-pere-tel-fils_portrait_w858Le Arras Film Festival, ce n’est pas que des films européens. En effet, grâce à sa catégorie « Cinémas du monde », cette 14ème édition offre une programmation qui va de l’Uruguay à la Chine en passant par le Japon ou encore l’Inde. Nous avons décidé de faire une escale au Japon avec le très beau Tel Père, Tel Fils de Hirokazu Kore-eda. Le film développe les thèmes de la famille et questionne avec brio la paternité ainsi que les liens du sang. Le réalisateur met en scène deux familles. La première est menée par un père obsédé par la réussite professionnelle et peu présent pour son jeune fils. La seconde est quant à elle beaucoup plus modeste, le père étant gérant d’un magasin d’électroménager. Quand ils apprennent que leurs fils ont été échangés à la maternité, ce sont deux mondes et deux modes de vie qui vont se confronter. Le réalisateur traite de ce sujet avec une grande subtilité sans jamais tomber dans le cliché ou le pathos, grâce notamment à une très bonne direction d’acteurs. Un film de société très bien mis en scène qui présente en même temps une belle et triste histoire. À découvrir sur les écrans français le 25 décembre prochain.

Dernier film de la compétition européenne à être projeté, Kertu, de l’Estonien Ilmar Raag, prend le temps pour nous conter une magnifique histoire d’amour au sein d’une petite communauté. Cette histoire entre Kertu (Ursula Ratasepp), une jeune femme assez réservée, introvertie et couvée par sa famille, et Villu (Mait Malmsten), un marginal connu pour son alcoolisme et son goût des femmes. Lorsque Kertu disparaît avec Villu un soir de fête traditionnelle, c’est toute une communauté qui accuse l’homme d’avoir profité de la situation pour se rapprocher de la jeune femme et la séduire. Le réalisateur estonien venu présenter son film s’exprime dans un français plus que correct et nous raconte qu’il s’est appuyé sur certains faits réels pour commencer son histoire. Il évoque ses deux acteurs qui illuminent le film par leurs brillantes interprétations. Bien accueilli par le public, Kertu vient clôturer la compétition d’une belle manière.

ed1a40ae6525c6600e2d62ac974fabccd3a91563Les jurys ont désormais vu tous les films et peuvent commencer leurs discussions afin d’élire leurs favoris. Le Arras Film Festival a instauré quelque chose d’unique en France dans le domaine du cinéma : la délibération publique (photo 3). En effet, pendant plus d’une heure, le public a pu assister aux délibérations du Jury Presse présidé par N.T Binh de la revue Positif et découvrir en même temps que l’organisation du Festival qui a reçu le prix de la Critique. Sans plus attendre, nous nous rendons à l’auditorium du Centre d’expositions et de congrès d’Arras où se déroule la cérémonie de clôture. Dans une salle pleine à craquer, la directrice artistique du festival Nadia Paschetto est très émue de nous annoncer que le festival a encore gagné en popularité et que c’est plus de 35 000 spectateurs qui sont venus garnir les rangées des salles de cinéma du 8 au 17 novembre 2013. On commence avec le Prix Regards Jeunes attribué au film polonais The Girl from the wardrobe. Séduisant et plein d’originalité, ce film se trouvait dans la liste des favoris de Toute la Culture. Le prix de la Critique a été décerné à Chasing the wind, du Norvégien Rune Denstad Langlo que nous avions interviewé lors de la deuxième journée. Absent lors de la cérémonie, c’est dans un message vidéo que l’on découvre ses remerciements. Une mention spéciale a également été attribuée au film allemand West de Christian Schwochow. Le prix du public revient quant à lui au film découvert plut tôt dans la journée : Kertu, de Ilmar Raag. Enfin, The Girl from the wardrobe reçoit un second prix : l’Atlas d’argent (prix de la mise en scène). Et pour terminer, le Grand prix du jury ou Atlas d’or est remis à Miracle, du Slovaque Juraj Lehotsky.

epreuve_temp1A l’issue du palmarès, un dernier film vient clôturer le Festival : L’épreuve d’une vie, de Nils Tavernier. Touchant, bien filmé et bien interprété, ce film raconte le parcours d’un jeune handicapé moteur de 18 ans et de son père souhaitant réaliser une course sportive de très haut niveau. Inspiré d’une histoire vraie, le film ne se cantonne pas seulement à montrer le handicap mais réussit à générer un récit sur cette famille qui se lance dans une aventure folle. On pourrait tout de même reprocher au film son côté un peu trop tire-larmes (les mouchoirs sont de sortie un peu partout dans la salle !) mais on passera outre grâce à cette belle histoire. Jacques Gamblin jouant le père de ce fils handicapé est magistral, et c’est sous une standing ovation qu’il arrive sur la scène portant dans ses bras Fabien Héraud, son fils handicapé dans le film. Nils Tavernier, présent également ce soir, est touché par l’accueil du public et rassuré pour cette deuxième française du film qui sortira le 8 mars 2014 (photo 4) ! C’est dans la bonne humeur et les rires que se termine le Festival d’Arras, qui aura une nouvelle fois marqué les esprits !

Visuels : © Hugo Saadi

© Affiche des films Tel père tel fils, Kertu et L’épreuve d’une vie.

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Hugo Saadi

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