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Wareware no moromoro, Hideto Iwaï

Wareware no moromoro, Hideto Iwaï

24 novembre 2018 | PAR Bertille Bourdon

Comment se construit un souvenir ? Hideto Iwaï met en scène des morceaux de vie glanés à Gennevilliers. Une (quelque peu longue) collection de souvenirs soutenus par une mise en scène facétieuse.

Le metteur en scène, dramaturge et acteur japonais Hideto Iwaï est cette année associé au Théâtre de Gennevilliers, où il a présenté en mars Le hikikomori sort de chez lui. Il y retraçait son adolescence, reclus dans sa chambre. Depuis qu’il en est sorti à vingt ans, il a choisi le théâtre pour s’exprimer. Dans cette nouvelle création démarrée sur l’invitation du directeur du T2G Daniel Jeanneteau, Hideto Iwaï est parti à la collecte de souvenirs d’acteurs professionnels et amateurs pour construire une pièce chorale qui questionne notre identité, avec le recul de l’étranger.

Le matériel de la pièce, les histoires des participants, pourrait faire pencher la pièce du côté du théâtre documentaire, mais la mise en scène, tout en rouages, en décor mouvant, nous conduit plutôt du côté de l’imaginaire. Des images, des sons en écho avec le discours nous aident à partir de l’histoire personnelle pour atteindre une sorte d’universel : la mémoire des « petits » destins. Cette mise en scène très réconfortante a directement trait avec l’une des thématiques majeures du spectacle : l’enfance et ses souvenirs.

Ici, c’est à chat perché qu’on remonte son passé, soutenu par les autres personnages présents sur scène. D’ailleurs, chacun à son rôle dans la vie des autres, incarnant un père à l’étranger, une mère violente, les copains du bistrot. Ces histoires brodent les thématiques qui trouvent un écho dans chacun des spectateurs : la place de l’amour parental et de l’enfance dans la construction de soi, sa position dans la société économique, l’éveil à la vie sexuelle, le deuil. Lucienne, Abdallah, Michel, Mathieu, Marion… ils participent à une grande fresque familiale où chacun des membres ignoraient tout des autres avant de monter sur scène, mais réussissaient à s’unir grâce à une grande bienveillance.

Malheureusement, la psychanalyse collective est ambitieuse et s’essouffle, en passant trop de temps sur des personnages qui nous ont semblé moins porteurs d’une histoire. C’est dommage, car l’on retrouve de vrais beaux moments, intimes, livrés avec douceur.

Jusqu’au 3 décembre au théâtre de Gennevilliers.T2G

Dans le cadre du Festival d’Automne et en partenariat avec Japonismes

 

Visuel : Guillaume Deloire

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Bertille Bourdon

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