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« On the wall » : quand les artistes s’inspirent du King

« On the wall » : quand les artistes s’inspirent du King

24 novembre 2018 | PAR Loïs Rakotonoera

Andy Warhol, Yan-Pei-Wing, David LaChapelle, Dexter Dalwood, Mark Ryden et bien d’autres rendent hommage à Michael Jackson, ce chanteur hors du commun, au Grand Palais, du 23 novembre au 14 février 2019.

Icône, idole, modèle, symbole, adulé, adoré, Michael Jackson est devenu un objet d’art. Lui-même collectionneur, il est ici célébré auprès d’artistes contemporains, dont certains qui l’ont côtoyé, comme Todd Gray, qui a commencé à travailler avec le Roi de la pop en 1974 et qui devient trois ans plus tard son photographe attitré jusqu’en 1983. Peintres, chorégraphes, photographes, sculpteurs, vidéastes ou encore plasticiens s’inspirent de ce personnage au parcours unique, encore aujourd’hui. Premier artiste noir mondialement connu, Michael Jackson a permis au monde afro-américain de la musique d’être libéré de certaines barrières et préjugés qui leur collait, jusqu’alors, à la peau.

L’exposition « On the wall », dont le nom fait référence à son premier album solo, « Off the wall », organisée par la National Portrait Gallery Londres, ne retrace pas la vie de Michael Jackson avec des objets lui ayant appartenu, des manuscrits ou encore des images ou films d’archives. Cette exposition pose plutôt la question de l’influence du chanteur sur l’art contemporain. Il est l’une des personnes les plus influentes du XXe siècle mais aussi du XXIe siècle. La musique, les clips vidéo, les chorégraphies, et la mode sont imprégnées du travail et de la culture que représente Michael Jackson. Pour ce qui est de l’art, cela est moins évident. C’est dont toute sa vie qui a inspiré les œuvres exposées au Grand Palais et c’est à la fois, sa vie qui y est dépeinte au travers de ce parcours. A la fois thématique et chronologique, le parcours se découpe en plusieurs parties, représentant finalement les facettes de ce personnage mythique, presque divin.

Ces œuvres artistiques sont finalement témoins d’une fascination populaire et médiatique que le monde avait et possède toujours pour le génie de la pop. Les portraits pop-art d’Andy Wharol, les tableaux gigantesques de Michael Jackson en martyre de David LaChappelle, la sculpture de Mark Ryden à qui le chanteur a commandé la pochette de son album Dangerous … Toutes ces créations ont comme point de départ ce que la vie de Michael Jackson leur a insufflé. Ses pas de danse emblématiques, dont le « freeze » renvoyant à la position du chanteur sur ces pointes de pied inspirant l’installation de Appau Junior Boakye-Yiadom où des mocassins, semblables à ceux que le King portait, sont suspendus par des ballons. Cette dimension chorégraphique tient d’ailleurs une place importante au sein de l’exposition. Le Grand Palais a commandé à trois chorégraphes des créations audiovisuelles spécialement pour cet événement, éparpillées tout au long du parcours. Parmi elle, celle de Raphaëlle Delaunay que nous pouvons voir exécuter, sur une œuvre baroque, des pas de danses classiques auxquels se mêlent doucement ceux du King.

Son engagement en tant que citoyen dans des causes environnementales, humanitaires et le rôle qu’il a joué dans l’ouverture au monde, la construction d’une identité afro-américaine. Les œuvres de Todd Gray interrogent cette identité d’afro-américaine que Michael Jackson a su faire évoluer à une époque trouble des Etats-Unis, et que beaucoup jugent qu’il l’a aussi rejeté de par sa transformation physique. Car l’interprète de Thriller est autant connu pour ses millions de disques vendus, ses chansons indémodables que sa vie personnelle tumultueuse. L’artiste  Johnnes Karhs puise dans cette partie de sa vie pour créer, en 2015 son œuvre, Sans titre (Jésus à l’âge de 43 ans).

Une belle exposition d’artistes inspirés d’un autre, qui a marqué pour les années à venir toutes les couches de la culture et de l’art.

Visuel : Photos de l’exposition (c) Loïs Rakotonoera + affiche

Wareware no moromoro, Hideto Iwaï
Gramblanc de Jean Lambert-wild au Théatre de L’union
Loïs Rakotonoera

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