Humour
Vincent Dedienne aux Bouffes du Nord : un « gala » mémorable

Vincent Dedienne aux Bouffes du Nord : un « gala » mémorable

28 janvier 2022 | PAR Jérémie Laurent-Kaysen

L’humoriste Vincent Dedienne est de retour sur scène ! Connu notamment pour ses chroniques et sketchs sur France Inter et TMC, il s’installe au théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 29 janvier avec son spectacle Un soir de gala.

Un piano à queue trône fièrement au milieu d’une scène vide. Comme décor, il n’y a qu’une petite flaque de paillettes sur le sol. Pas une trace de l’humoriste que le public, déjà installé, attend avec impatience. Les lumières s’éteignent. Dans un smoking noir et sur du Elton John, Vincent Dedienne entre, le menton haut et les lèvres retroussées. « Je vous préviens, je ne sais pas jouer du piano », s’exclame-t-il aux spectateurs, déjà hilares. Alors que son premier spectacle, S’il se passe quelque chose…, avait remporté le Molière de l’humour en 2017, l’humoriste revient cinq ans plus tard pour de nouvelles célébrations, pour un Soir de gala, encore plus savoureux.

Personnages monstrueux

Dans ce spectacle, co-signé avec Juliette Chaigneau, Mélanie Le Moine et Anaïs Harté, l’humoriste comble nos attentes. Dès le texte de présentation, il annonce la couleur de son nouveau one-man-show : « Après avoir fait le tour de mon nombril dans mon précédent spectacle, j’ai décidé de tourner un peu autour des vôtres… ». Vincent Dedienne parle de lui mais aborde des sujets qui nous concernent tous. « Les gens qui vont bien, ce n’est pas amusant… Mes personnages sont des monstres », assume-t-il.

Pour faire rire, il n’a pas besoin d’utiliser de mots. Son sourire narquois, ses yeux malicieux et les multiples mimiques qui courent sont visages suffisent amplement. Mais pendant plus d’1h30, l’humoriste va surtout faire ce qu’il préfère : entrer dans la peau des autres. Du petit papi déprimé à l’actrice égocentrique de cinéma, en passant par l’employée surexcitée d’une agence de voyages, l’artiste enchaîne les sketchs. Il s’inspire de ses idoles comme Murielle Robin et Elie Kakou, sans jamais les copier. Vincent Dedienne fait du Vincent Dedienne.

Introspection

Entre ses singeries et ses sketchs se glissent des moments de réflexions, de danses endiablées et de courts intermèdes musicaux. L’humoriste extériorise et explose sur scène comme s’il souhaitait se libérer d’un poids. « Qu’est-ce qui fait qu’on ne saute plus des rochers à 50 ans ? », s’interroge-t-il. Un questionnement qui nous ramène à l’affiche du spectacle, dévoilant l’humoriste tout en haut d’un plongeoir, scrutant le vide sous ses pieds.

S’il évoquait dans son premier spectacle des sujets qui lui sont chers comme l’adoption ou l’adolescence, il a choisi cette fois-ci des thématiques plus sombres. Il partage sans pudeur sa peur de vieillir, lui qui a atteint « l’âge bizarroïde de 34 ans », ses peines de coeur, la perte de l’insouciance. Il imagine même sa propre mort et réussit à la rendre hilarante. Alors que les techniciens viennent nettoyer le plateau, annonçant la fin du spectacle, Vincent, lui, continue à danser. Il balance ses bras d’avant en arrière, de bas en haut. Il occupe tout l’espace et court, saute à travers la scène. Il perd le contrôle avant de disparaître lentement dans la pénombre des coulisses.

Visuel : affiche

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Jérémie Laurent-Kaysen
Après deux années de classe préparatoire en Lettres et une licence Humanités, lettres et sciences humaines, il réalise actuellement un Master de Journalisme Culturel à Paris X. Il est rédacteur pour Toute La Culture depuis novembre 2019.

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