Théâtre
« Sic(k) » : la déchéance addictive d’Alexis Armengol se picole au Monfort

« Sic(k) » : la déchéance addictive d’Alexis Armengol se picole au Monfort

20 janvier 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Alexis Armengol est à la tête d’une belle entreprise théâtrale depuis 1999. Avec sa compagnie, le Théâtre à cru, il récolte des entretiens et les place avec intelligence sur un plateau débordant d’objets. Avec Sic(k) nous glissons avec délice dans le monde de l’addiction, dans une proposition sérieusement foutraque.

[rating=5]

« On est jamais élégamment bourré ». Mais on reprend toujours un verre qui n’est jamais le dernier. On descend boire un coup. On se détend. On entre dans le vrai. Vous l’aurez compris, Sic(k) est une grosse fête où participent ceux qui « retiennent la bête ». Pourquoi fumer à en perdre les poumons? Pourquoi boire à en vomir ? Pourquoi transformer ses narines en passoire ? Deux hommes discutent dans un fumoir posé sur scène, il refont le monde, s’interrogent sur leurs drogues douces. 

Sic(k) nous entraîne dans la chute. Et il fait, il faut le rappeler toujours plus chaud en enfer qu’au Paradis.  La belle troupe,  Edith Baldy, Claudine Baschet, Rémi Cassabé et bien sur Alexis Armengol convoquent les voix de Gilles Deuleuze  et d’anonymes. Que ce soit le grand philosophe ou des anonymes, toutes les paroles  viennent raisonner en tout fêtard qui se respecte.

Sic(k) est un spectacle d’excès, où on danse à fond, dans un combat. Où le foie est tellement bousillé qu’on peut s’y vautrer. Le tiraillement est là entre l’oppression de la culpabilité et la joie de se débrider : ne pas manger gras, ne pas manger sucré… bref, « ne pas manger ! », qui se conjugue à toutes les drogues, qu’elles se nomment café ou amour.  Il y a de la griserie là-dedans, et comme toute soirée qui se respecte, le rythme laisse place sur la fin à une descente, à une douce déprime, à même, une presque mort. Sic(k) est un spectacle qui par une gestion impeccable du son et de la lumière offre une lecture amusée et technique de nos peurs d’enfances nichées dans nos inconscients d’adultes.

Et en plus, Janis Joplin chante.

Visuel : ©Monfort

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