Théâtre

Melle Camille Claudel magnifiée à la Galerie David D’Angers

Melle Camille Claudel magnifiée à la Galerie David D’Angers

09 décembre 2017 | PAR Sarah Reiffers

C’est dans un lieu magique, ancienne abbatiale reconvertie en musée, que la Compagnie Personae a donné la première représentation de sa nouvelle création intitulée Melle Camille Claudel, opus 2. Entre les statues massives d’êtres appartenant au passé, cette artiste encore trop peu reconnue pour son art a retrouvé vie le temps d’une heure et demie. Un moment fort, placé sous le signe de l’émotion et de la passion.

Depuis 2005, la Compagnie Personae revisite les grands classiques de la littérature par un jeu au plus proche du public. Après Emma Bovary ou Le Songe d’une nuit d’été, c’est sur la vie et l’art de la sculpteur Camille Claudel qu’elle s’est penchée avec son Melle Camille Claudel, opus 2, version retravaillée d’un premier spectacle donné il y a presque deux ans.

Et quoi de mieux pour relater la vie d’une artiste que de la mettre en scène en plein cœur d’un musée? C’est entre les statues de David D’Angers, dans la Galerie du même nom, que la comédienne Sylvie Adjedj-Reiffers a prêté son corps et sa voix à cette artiste incomprise, élève et amante d’Auguste Rodin, dont les œuvres commencent à acquérir une notoriété méritée. Seule en scène, la comédienne s’empare des lettres de Camille, de son frère, de Rodin et de ses amis, interprète leurs mots tout en sensibilité, ne tombant jamais dans le piège de la lecture ou de la récitation pure et simple. Rien de robotique ici, que de l’émotion.

Mêlant théâtre, danse et audio, Melle Camille Claudel, opus 2 mise sur la simplicité brute. Brute, comme l’argile blanche dont la comédienne se recouvre; comme la danse à laquelle elle se livre, passant par le haut du corps et l’expressivité des mains pour évoquer l’art de la sculpture; comme la colère de la femme dont l’art pourtant acclamé n’est jamais ni financé, ni véritablement reconnu. Le résultat n’en est que plus réussi: rarement aura-t-on ressenti avec autant d’intensité la passion et l’émotion d’une artiste vivant entièrement pour son art. Lui rendre hommage aujourd’hui relève presque d’une question de justice.

Visuel: Christian Lavigne/ SR

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