Théâtre
Mademoiselle Else par les tg STAN, une admirable simplicité

Mademoiselle Else par les tg STAN, une admirable simplicité

28 octobre 2013 | PAR Christophe Candoni

 

Frank Vercruyssen, un fondateur du groupe flamand tg STAN, des habitués du théâtre de la Bastille, présente son adaptation pour la scène de Mademoiselle Else de Schnitzler créée en mai 2012. Il accompagne les débuts au théâtre d’Alma Palacios. La simplicité formelle de la mise en scène qui aurait pu être contraignante n’empêche de laisser s’épanouir les jolis talents de l’interprète.

L’héroïne de la nouvelle de Schnitzler, publiée en 1924 et déjà portée de nombreuses fois au théâtre, est une jeune fille issue de la bourgeoisie viennoise partie en vacances avec sa tante dans une station thermale en Italie. Pour tirer d’affaire son père endetté et sauver son honneur, elle doit accepter le chantage du riche Dorsday qui contre le don d’une certaine somme d’argent lui demande de se présenter nue et s’offrir à sa contemplation.

Au cours d’un long monologue intérieur, on suit le cheminement de la pensée sombre et contradictoire de l’innocente et ingénue Else, prise dans l’étroit carcan d’un dilemme odieux, ce qui justifie le choix du metteur en scène de faire jouer la comédienne sur une très petite parcelle carrée de bois installée au centre du plateau. Rien du luxueux hôtel italien ne transparaît autour puisqu’il n’y a pas de décor, ce qui atteste le caractère humble mais néanmoins profond de la proposition scénique bien pensée et réalisée.

Tout repose sur l’interprétation de l’actrice, légèrement en retrait au début, le ton monocorde ou relâché, elle s’assouplie au fur et à mesure de la représentation et gagne en aisance et en intensité pour trouver l’émotion juste. Alma Palacios, danseuse et interprète gracile et sensible, (elle a travaillé avec Keersmaeker), a des petits airs rebelles et enfantins tout à fait charmants. Elle n’adopte pas les manières aristocratiques attendues de Mademoiselle Else, elle est plutôt dans un style de jeu direct, brut, franc, sans emphase ni minauderie. Frank Vercruyssen lui donne la réplique en assumant le discours de tous les autres personnages, il s’amuse aussi en faisant les cent pas autour d’elle comme un homme à tout faire, accessoiriste, habilleur, avec une distance enjouée et l’air faussement débordé. Sa présence dévouée et complice porte la jeune comédienne irradiante tout en lui laissant toute la place.

La pièce s’inscrit dans un cycle de trois œuvres autour de figures féminines. On peut déjà voir Nusch d’après un poème de Paul Eluart avec les mêmes artistes au théâtre de la Bastille et dans quelques mois, une adaptation des Scènes de la vie conjugale de Bergman.

Mademoiselle Else, les 25, 26, 27, 31 octobre, 1 et 2 novembre à 19h30, le 27 octobre à 15h; puis du 28 janvier au 8 février 2014. Relâche les 2 et 3 février. Durée : 1h30. Voir aussi Nusch et Scènes de la vie conjugale.

Photo Tim Wouters

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