Théâtre
Macbeth mis en scène par Mansai Nomura à la Maison de la Culture du Japon à Paris

Macbeth mis en scène par Mansai Nomura à la Maison de la Culture du Japon à Paris

20 juin 2014 | PAR Sandra Bernard

Macbeth, la célèbre tragédie de William Shakespeare, vient de subir un petit lifting de la part de Mansai Nomura et de sa troupe, dans une mise en scène épurée présentée à la Maison de la Culture du Japon, à Paris.

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On ne présente plus Macbeth, pièce tragique narrant l’ascension puis la chute du clan éponyme dans les brumes mystiques et mystérieuses de l’antique Ecosse.

La présente adaptation a la particularité d’avoir condensé non seulement la pièce, réduite à 1h30 de spectacle sans entracte, mais également la troupe et les moyens. Ainsi, Macbeth et son épouse occupent les deux rôles principaux, formant presque une seule et même entité. L’ensemble des autres rôles est tenu par trois comédiens. Il en va de même pour le décor, réduit à son strict minimum, mais très bien pensé et évocateur.

Ce minimalisme n’est pas anodin. Mansai Nomura, le metteur en scène et interprète de Macbeth, est issu d’une famille réputée d’acteurs de Kyogen, une forme de théâtre comique traditionnel lié au Nô, misant sur la réduction de moyens et d’effectifs afin de concentrer l’attention et l’imagination du spectateur sur l’intrigue et les personnages principaux. Ainsi, les personnages secondaires sont partiellement effacés pour renforcer l’intensité dramatique. Le fait que les mêmes acteurs interprètent plusieurs rôles confère une urgence qui minimise les lenteurs, certains changements de costumes se faisant devant le spectateur.

L’on ressent, tant dans les costumes que dans le décor ou l’interprétation, une forte présence de l’esthétique japonaise, et l’on ne peut s’empêcher de penser au film Le château de l’araignée d’Akira Kurosawa, ne serait-ce qu’avec le décor de cour, une fois Macbeth devenu roi. Ce clin d’œil peut s’envisager, quand l’on sait que Mansai Nomura a interprété, à l’âge de 19 ans, dans Ran  (transposition du roi Lear) le rôle de Tsurumaru. Autre inclusion japonaise, la vie des héros est liée au cycle des saisons : le printemps représente l’ascension, l’été, la gloire et la puissance, l’automne, la décadence et enfin l’hiver, la chute et la mort tragique. La présence de la nature, incarnée par les sorcières, mais également par le texte d’introduction, renvoie à sa dualité avec la folie de l’homme.

Il y a également une multiplicité de points de vue ; qui est laid ? Les sorcières qui se jouent d’un homme faible et d’une femme vénale ou bien le couple capable du pire pour ses propres intérêts ? Il est également intéressant pour le spectateur d’assister à une pièce célèbre du répertoire occidental, revue et adaptée par la culture japonaise qui, sans perdre l’essence originale, lui confère une autre saveur.

Interprètes : Mansai Nomura – Natsuko Akiyama – Keitoku Takata – Keiji Fukushi – Keita Kobayashi

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