Théâtre
« L’heureux stratagème », au Théâtre Edouard VII : On ne badine pas avec l’amour… propre

« L’heureux stratagème », au Théâtre Edouard VII : On ne badine pas avec l’amour… propre

01 novembre 2019 | PAR Geraldine Elbaz
Un quadrille amoureux exquis où tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. L’heureux stratagème est une comédie en 3 actes, écrite en prose par Marivaux en 1733. Cette pièce intemporelle met en lumière les rouages de la passion, magistralement mis en scène par Ladislas Chollat, véritable virtuose de l’orchestration scénique.

« L’amour a ses expressions, l’orgueil a les siennes; l’amour soupire de ce qu’il perd, l’orgueil méprise ce qu’on lui refuse ». Marivaux

 
 
 
Le beau chevalier gascon Damis (Jérôme Robart) se désintéresse de la Marquise (Suzanne Clément) et tombe amoureux de la Comtesse (Sylvie Testud), qui le lui rend bien et qui repousse de son côté Dorante (Eric Elmosnino), son bien-aimé. Pour contrecarrer ces tromperies, la Marquise et Dorante vont s’allier et mettre en place un stratagème tout en finesse pour avoir gain de cause et récupérer leurs moitiés. Lisette (Roxane Durant) et Arlequin (Simon Thomas), les valets, se retrouvent embarqués dans cette valse des sentiments, dont l’intrigue se répercute sur leur histoire personnelle.
 
Marivaudage modernisé dans un décor Belle Epoque somptueux, le casting de ce spectacle ne l’est pas moins et mérite à lui seul le déplacement. Sylvie Testud, qui avait notamment reçu le César de la meilleure actrice en 2004 pour Stupeurs et Tremblements (Amélie Nothomb) campe une comtesse donjuanesque manipulatrice exceptionnelle. Eric Elmosnino, dont l’interprétation de Gainsbourg, dans le film de Joann Sfar, l’avait révélé et lui avait valu le César du meilleur acteur en 2011, nous présente un Dorante à la fois dépité et vindicatif, avec un phrasé digne de Vincent Delerm. Suzanne Clément, muse québécoise multi-récompensée de Xavier Dolan que l’on a pu voir dans Mommy ou Laurence Anyways, incarne magnifiquement une Marquise blessée et vengeresse. Jérôme Robart, le truculent Chevalier Damis, séducteur à l’accent qui chante et nous enchante, est un touche-à-tout qui excelle dans tous les domaines: comédien, dramaturge, metteur en scène, professeur aux Cours Florent. Tous les comédiens sont excellents. Leur jeu mis en exergue par une mise en scène effervescente dans un décor sublime avec de très jolis costumes nous offre un beau spectacle et on en prend plein les yeux.
 
L’heureux stratagème, De Marivaux, Mise en scène : Ladislas CHOLLAT, Théâtre Edouard VII, Jusqu’au 5 janvier 2020
 
Crédit photo : ©Bernard Richebé
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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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