Théâtre
La mousson d’été accueille Magne van den Berg (Pays-bas)

La mousson d’été accueille Magne van den Berg (Pays-bas)

26 août 2022 | PAR David Rofé-Sarfati

La mousson d’été accueille Magne van den Berg, une autrice néerlandaise célébrée dans son pays. Le théâtre léger du quiproquo est renouvelé. Le moment est drolatique.

Fondée en 1995 par Michel Didym, La Mousson d’été aujourd’hui dirigée par Véronique Bellegarde constitue l’un des événements européens majeurs pour la découverte de nouvelles écritures dramatiques. Pendant sept jours, la Mousson d’été se propose de dénicher des textes forts, de découvrir de nouveaux auteurs, de dévoiler des écritures émergentes. L’événement s’articule principalement autour de la mise en espace de lectures de textes inédits ou traduits pour la première fois en français, interprétés, manuscrits en main, par des comédiens talentueux. Des spectacles, des ateliers, des conférences et des conversations s’ajoutent à cette programmation ambitieuse. Cette année Magne van de Berg présente son spectacle créé en décembre à Grenoble : Privés de feuilles les arbres ne bruissent pas avant une tournée nationale (dates de la tournée) et offre aux journées de la Mousson son nouveau texte : Long développement d’un bref entretien.

Magne van den Berg (Enschede, 1967) sort en 1994 du Conservatoire d’Amsterdam. Jusqu’en 1999 elle écrit et joue ses propres spectacles. Depuis 2006 elle se consacre entièrement à l’écriture. Elle gagne en 2008 le prix H.G. Van der Viesprijs pour la pièce De lange nasleep van een korte mededeling, traduit ensuite en allemand et en anglais. Ce texte est traduit en français par Long développement d’un bref entretien pour les journées de la Mousson ; il est présenté en partenariat avec le projet Fabulamundi Playwriting Europe, soutenu par le programme Europe Créative de l’Union Européenne et sa traduction est soutenue par la Maison Antoine Vitez.

La dernière pièce de l’autrice en français Privés de feuilles les arbres ne bruissent pas est montée en décembre 2021 à Grenoble par Pascale Henry. Privés de feuilles, les arbres ne bruissent pas est l’histoire d’une sortie de route, où l’autrice fait apparaître les veines invisibles de cette relégation sociale et les blessures cachées dans les corps de ces deux héroïnes. Selon sa traductrice Esther Gouarné : La force de cette pièce se situe dans la concision du dialogue et le minimalisme des répliques.

Nous retrouvons cette plume dans Long développement d’un bref entretien. En extérieur, sur les berges de la Moselle, Eric berger (le mari cocu) Sébastien Eveno (l’amant) Cyril Hériard Dubreuil (l’ami jaloux) et Céline Milliat-Baumgartner (l’épouse capricieuse) défendent dans une économie de mots un vaudeville revisité. Nous pensons à Feydeau et à Sarraute aussi, cependant que la pièce n’est pas un ressassé. La modernité de Magne van den Berg revisite le genre en y adjoignant deux conquêtes du 20eme siècle qui sont l’illogisme qui nous sauve de la tyrannie et l’indicible désir qui nous sauve de nous même. C’est aussi drôle qu’édifiant. Ajoutons que Céline Milliat Baumgarter y est fantastique.

Crédit photo ©Boris Didym

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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