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Les livres attendus de la rentrée littéraire 2022

Les livres attendus de la rentrée littéraire 2022

26 août 2022 | PAR Cloe Bouquet

Pour cette rentrée littéraire 2022, un certain nombre d’auteurs qui nous sont bien connus se sont apparemment surpassés. Yasmina Khadra déclare « croire que c’est ce qu’il a écrit de mieux », Yann Queffélec que « ce bouquin l’a lessivé un peu plus que les autres »… Voici une sélection des quelques 500 ou 400 livres publiés pour cette rentrée.

Le livre des sœurs

« Les mots ont le pouvoir qu’on leur donne », peut-on lire sur la quatrième de couverture. Le nouveau roman d’Amélie Nothomb attendu chaque année à l’automne, publié le 17 août chez Albin Michel, raconte l’histoire de deux sœurs qui s’aiment profondément, et dont les parents eux-mêmes s’aiment tellement qu’ils en négligent parfois – souvent – leurs progénitures. Si la cadette, Laetitia, a toujours connu l’amour éperdu de sa sœur, celle-ci (Tristane) souffrira toute sa vie d’une carence affective qui la rendra particulièrement sensible à l’avis des autres sur elle… Mais peut-être apprendra-t-elle à ne pas se laisser enfermer dans une parole. Outre les thèmes habituels chers à Amélie Nothomb (la jalousie, les troubles du comportement alimentaire, l’intelligence des enfants), il s’agit d’un livre sur la profondeur de l’amour filial, l’ambiguïté de l’amour passionnel, et le pouvoir des mots qui peuvent tour à tour libérer ou emprisonner.

« Quand elle se réveillait, au délice d’avoir dormi s’ajoutait l’émerveillement d’avoir vécu de tels prodiges »… « Le livre des sœurs » est l’anagramme, comme l’a trouvé Jacques Perry-Salkow, de « soleil des rêveurs ».

186 pages, 18,90 euros

© couverture du livre

D’où vient l’amour

« Quand j’ai choisi ce titre, je me suis dit : « je suis fou ! » L’amour a été mis dans tant de titres. Et ce bouquin m’a lessivé un peu plus que les autres. On ne peut pas s’empêcher d’aimer et bien entendu, on se plante tout le temps, mais on recommence parce qu’on sait que c’est ce qui nous sauve. L’amour nous tient sur nos pieds », confie Yann Queffélec.

Le 17 août a paru « D’où vient l’amour » aux éditions Calmann-Lévy, un roman qui travaille les liens possibles entre amour et ambition, questionne ce que devient le couple amoureux à l’arrivée d’un enfant…

Résumé : « Sûr qu’il m’a tapé dans l’oeil, se disait Maud en attendant l’autocar du volcan. Sûr qu’on s’aime et qu’il sera content, lui aussi, drôlement content… » « Lui », c’est Samuel Poujol, 22 ans, fils unique du puissant patron des Ateliers Poujol, une fabrique de sous-vêtements de luxe au début des années quarante, dans le Gard. Est-ce qu’il sera content ? Maud, 17 ans, travaille aux Ateliers depuis quelques mois. Ca ne se voit pas qu’elle est enceinte, une grossesse de poupée. Le fruit d’un grand amour secret. Ca ne se voit pas non plus que Samuel a pour ambition d’égaler son père – ce chef de l’Armée des ombres, cet ami des Juifs pourchassés. Va-t-il épouser Maud le moment venu ? Gâcher son avenir par un scandale ? Maud se pose la question dans l’autocar qui la ramène chez ses parents, la pose à l’enfant qui va naître d’un moment à l’autre : est-ce qu’il sera content ? On se donne à l’amour trop jeune et la fatalité vous tend les bras. Et que devient la quête du bonheur ? »

288 pages, 21,50 euros

© couverture du livre

La part des cendres

« Mathilde traverse le fleuve par le pont du Carrousel comme elle le faisait avec son père, promène sa nostalgie dans les Tuileries qu’une résurgence tardive de l’hiver a désertées. » « La Part des cendres » d’Emmanuelle Favier, publié aux éditions Albin Michel le 18 août, a pour anagramme (toujours trouvée par Jacques Perry-Salkow) « dans le parc désert »…

Nous sommes en 1812. La jeune Sophie Rostopchine fuit Moscou, que son père, gouverneur général de la ville, vient de faire incendier pour ne pas la laisser à Napoléon. Henri Beyle, qui n’est pas encore Stendhal, erre dans la ville en flammes, tandis que l’Empereur Français, humilié par cette victoire au rabais, se claquemure au Kremlin. Celle qui n’est pas encore la comtesse de Ségur a dissimulé dans un coffret marqueté, pendant le long exil vers Paris, ce qui se révèlera un trésor : son journal. La clef en est perdue mais il va réapparaître de loin en loin, tel un fil rouge, au cours de ces deux siècles de guerres et de pillages. Fresque monumentale où l’on croise Tolstoï sur son lit de mort, Virginia Woolf et Marguerite Yourcenar prenant le thé à Londres, Vivant-Denon constituant les trésors du Louvre, Hitler rêvant de son musée national à Linz, Rose Valland dressant la liste des oeuvres spoliées au Jeu de Paume… Monstres et héros modestes de l’Histoire, crapules et martyrs sont entrelacés dans ces deux siècles de tumulte que retrace Emmanuelle Favier. Et toujours, ce petit coffret marqueté. « La Part des cendres » mêle avec génie les fils de cette toile qui fait l’humanité – son courage, sa ferveur et son avidité, et pose avec une écriture ciselée la question de ce qui se transmet, ce qui se perd, ce qui nous est enlevé.

Née en 1980, romancière et poétesse, Emmanuelle Favier a publié deux romans aux éditions Albin Michel, « Le Courage qu’il faut aux rivières » en 2017 (prix Révélation de la SGDL, prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco…) et « Virginia » en 2019, ainsi que des recueils de poésie et des nouvelles. Elle a récemment traduit « La Mégère apprivoisée » de Shakespeare (Les Belles-Lettres, 2022).

560 pages, 22,90 euros

© couverture du livre

Dessous les roses

Le 24 août a paru aux éditions Flammarion le nouveau roman d’Olivier Adam, « Dessous les roses ».

Quatrième de couverture : « – Tu crois qu’il va venir ? m’a demandé Antoine en s’allumant une cigarette.

J’ai haussé les épaules. Avec Paul comment savoir ? Il n’en faisait toujours qu’à sa tête. Se souciait peu des convenances. Considérait n’avoir aucune obligation envers qui que ce soit. Et surtout pas envers sa famille, qu’il avait laminée de film en film, de pièce en pièce, même s’il s’en défendait.

– En tout cas, a repris mon frère, si demain il s’avise de se lever pour parler de papa, je te jure, je le défonce.

– Ah ouais ? a fait une voix derrière nous. Je serais curieux de savoir comment tu comptes t’y prendre…

Antoine a sursauté. Je me suis retournée. Paul se tenait là, dans l’obscurité, son sac à la main. Nous n’avions pas entendu grincer la grille. J’ignore comment il s’y prenait. Ce portillon couinait depuis toujours. Aucun dégrippant, aucun type d’huile n’avais jamais réussi à le calmer. Mais Paul parvenait à le pousser sans lui arracher le moindre miaulement. »

Olivier Adam est né en 1974. Il est l’auteur de nombreux livres dont Je vais bien, ne t’en fais pas (Le Dilettante, 2000), Passer l’hiver (L’Olivier, Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises (L’Olivier, 2005), A l’abri de rien (L’Olivier, prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (L’Olivier, Prix RTL/Lire 2009), Le Coeur régulier (L’Olivier, 2010), Les Lisières, Peine perdue, La Renverse, Chanson de la ville silencieuse, Une partie de badminton et Tout peut s’oublier (Flammarion, 2012, 2014, 2016, 2018, 2019 et 2020).

224 pages, 21 euros

© couverture du livre

Les Vertueux

Le nouveau roman de Yasmina Khadra vient de paraître aux Casbah éditions en Algérie, et chez Mialet-Barrault Editeurs en France.

Quatrième de couverture : « J’ai vécu ce que j’avais à vivre et aimé du mieux que j’ai pu. Si je n’ai pas eu de chance ou si je l’ai ratée d’un cheveu, si j’ai fauté quelque part sans faire exprès, si j’ai perdu toutes mes batailles, mes défaites ont du mérite – elles sont la preuve que je me suis battu. » Algérie, 1914. Yacine Chéraga n’avait jamais quitté son douar lorsqu’il est envoyé en France se battre contre les « Boches ». De retour au pays après la guerre, d’autres aventures incroyables l’attendent. Traqué, malmené par le sort, il n’aura, pour faire face à l’adversité, que la pureté de son amour et son indéfectible humanité. « Les Vertueux » est un roman majeur, la plus impressionnante des oeuvres de Yasmina Khadra. »

Le livre est dédié à la mère de l’auteur, « à ma mère, dit-il, qui ne savait ni lire ni écrire et qui m’a inspiré ce livre. » Dans son entretien donné à El Watan le 23 juillet 2022, Yasmina Khadra commentera lui-même : « C’est ma conviction. Je crois que j’ai toujours rêvé d’atteindre un certain cap. Je crois que c’est ce que j’ai écrit de mieux. »

« J’aime tous mes personnages. Qu’ils soient tyranniques ou vauriens ou héros. Si on n’aime pas un personnage, on ne peut pas accéder à ses états d’âme. On ne peut pas le construire ou le camper d’une manière assez fiable. Et donc, moi j’aime. Quand on aime, on voit tout. Quand on aime, on voit les défauts, les qualités, les points faibles et les points forts. Mais quand on est dans la détestation, on ne voit que sa propre noirceur. Les gens qui vous détestent, ils ne vous détestent pas vous-même, ils projettent en vous leur propre noirceur. Et de cette manière, ils ne peuvent pas accéder jusqu’à vous. Ils ne peuvent pas accéder à vous. Ils sont juste dans un débordement de frustration. C’est une forme de cécité quand même. Quand on est très proche de ses personnages, eh bien, ils vous donnent tout… Oui, le personnage des Vertueux, c’est l’Algérien de l’époque. Mon personnage incarne un petit peu tout ce qu’a subi ou connu l’Algérien durant cette période… Ce personnage, c’est un petit peu le combat contre soi-même. Est-ce qu’on peut céder à la colère ? Est-ce qu’on peut devenir tout simplement l’otage de notre destin ? Ou est-ce qu’on peut trouver dans l’épreuve l’occasion de consolider nos convictions ? »

544 pages, 21 euros

Visuel : © couverture du livre « Les Vertueux » de Yasmina Khadra

 

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Cloe Bouquet

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