Théâtre
La Double mort de l’horloger, Horvath et Engel pas à leur meilleur

La Double mort de l’horloger, Horvath et Engel pas à leur meilleur

20 octobre 2013 | PAR Christophe Candoni

Pour son retour au théâtre, André Engel fait du vaste plateau de Chaillot, la scène d’un crime qui ne fait pas vraiment froid dans le dos. Il réunit une distribution de choix dans deux textes franchement faibles de Odön von Horvath et en signe une mise en scène soignée mais peu palpitante.

A 10 ans d’intervalle, le dramaturge austro-hongrois, passionné par les faits divers et fin observateur de la société troublée de son temps et de la vie des petites gens, écrit deux pièces aux intrigues étrangement similaires « Meurtres dans la rue des Maures » et « L’inconnue de la Seine ». Si la trame commune est celle du meurtre d’un vieil horloger, interprété par l’étrange Yann Colette, l’issue n’est pas la même pour le voleur meurtrier (Jérôme Kircher) qui se pend dans la première et se trouve innocenté par une jeune femme amoureuse dans la seconde que l’on pourrait titrer « la belle et l’assassin ».

Jouant en surface avec les codes du roman policier et du film noir, André Engel et son scénographe Nichy Rieti choisissent de faire de la vaste scène de Chaillot un plateau de cinéma où des pans de décors sont retournés dans tous les sens et changés à main nue avec une fluidité spectaculaire pour figurer les nombreux lieux populaires que traversent l’action et les protagonistes (café, hôtel, boutique, rues, places, mansardes). C’est joli et ingénieux mais l’atmosphère sombre et poisseuse des pièces n’y transparaît que trop peu.

Avec le savoir-faire de génie qu’on leur connait, Engel et son complice qui assumaient parfaitement un réalisme jamais gratuit et installaient un climat volontiers rétro mais bourré de charme dans Louise de Charpentier ou Cardillac de Hindemith, deux créations lyriques récentes et très réussies à l’Opéra Bastille, auraient sûrement pu livrer une vision plus inspirée et moins lisse de ces textes, même s’ils n’ont pas la profondeur et la superbe des Légendes de la forêt viennoise, d’Amour, Foi, espérance et de Casimir et Caroline.

Encore plus étonnant de la part d’André Engel, la belle et grande troupe d’acteurs réunis n’est pas dirigée au cordeau même si Jérôme Kircher joue de sa finesse roublarde, Julie-Marie Parmentier de la grâce enfantine qui lui est naturelle, Evelyne Didi de sa drôle faconde en ferme matriarche puis en concierge, Marie Vialle, d’une gouaillerie boulevardière mais plaisante. Le spectacle plan-plan manque d’énigme, d’étrangeté, d’inquiétude, de mystère, d’émotion, de vie. Sa légèreté pourrait séduire mais finalement déçoit.

Crédit photo Richard Schroeder

DU 17 OCTOBRE AU 9 NOVEMBRE 2013 à 20h30 (15h30 en matinées)

Salle Jean Vilar

Durée 2h

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
theatre_national_de_chaillot

One thought on “La Double mort de l’horloger, Horvath et Engel pas à leur meilleur”

Commentaire(s)

  • latempete

    Un immense rien. Engel n’a strictement rien n’a proposé cela en est navrant. On a l’impression qu’il s’est dit <>Les acteurs sont pas terrible du tout car direction n’est visiblement pas bonne. On a l’impression qu’ils jouent le frein à mains serré. Quel gâchis, mettre tant d’argent pour pondre ça. Alors qu’à Paris même tant de jeune metteur en scène qui aurai tellement plus à dire et que l’on va retrouver dans des salles miteuse. Mais mieux vaut-il être dans une salle miteuse et vivre quelque chose, qu’à Chaillot dans un vide intersidérale… Réveillez- vous…

    octobre 24, 2013 at 23 h 13 min

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