Théâtre
La belle saison 2015/2016 du Tarmac

La belle saison 2015/2016 du Tarmac

09 juin 2015 | PAR Camille Lucile Clerchon

Le Tarmac, lieu singulier, qui porte formidablement bien son nom a dévoilé il y a quelques jours sa programmation pour la saison 2015/2016. L’année prochaine, de la Côte d’Ivoire au Cambodge, de la Suisse au Congo, le Tarmac continuera d’égrener ses propositions de voyages immobiles, d’éclairer des fenêtres sur le monde, d’être une antenne réceptive aux frémissements des hommes et des sociétés, ceux là même qui animent les créateurs.

Sans surprise, mais à notre plus grande joie, cette saison accorde une large place à la création africaine et creuse le sillon qui fait sa signature. De nouvelles tendances se dessinent : une place de plus en plus large accordée à la danse et de plus en plus de femmes artistes programmées.
Ainsi Nadia Beugré inaugure la saison avec Quartiers Libres, dans le cadre du Festival d’Automne, à ne pas manquer, assurément.
Autre femme, autre danse, Chankethya Chey habitera elle aussi le plateau du Tarmac en solo. Formée aux danses Apsara du Cambodge, la chorégraphe cambodgienne invente dans My mother and I une forme qui convoque son héritage chorégraphique mais aussi son parcours personnel de par le monde.
Probable signe des temps, nombre de propositions ne placent qu’un seul artiste sur le plateau ; nul doute que chacun saura y convoquer de multiples figures. Le burkinabé Etienne Minoungou se saisit du Cahier du retour au pays natal ; Dieudonné Niangouna, à qui la configuration solitaire réussit particulièrement bien, interprètera Machin la hernie de Sony Labou Tansi. Dans Africa, l’acteur belge Oscar Van Rompay, joue son propre rôle, en swahili et en français, et expose le tiraillement existentiel qui préside à une vie partagée entre le Kenya et la Belgique.
Côté danse, Simon Abbé traite avec Rupture des épreuves amoureuse dans un duo pour… un seul danseur. Florent Mahoukou va à la rencontre des collégiens et des lycéens avec My Brazza. Dans cette pièce jouée exclusivement dans les établissements scolaires, construite à partir d’un texte de Ronan Chéneau et mise en scène par David Bobée, le chorégraphe et danseur congolais livre par le corps et les mots une histoire de Brazzaville, une histoire de guerre, d’exil et de retour : la sienne.
Pour les plus jeunes, qui viendront en famille, il y a aussi de la danse avec Les suites curieuses d’Hélène Blackburn, librement inspiré du Petit chaperon rouge de Perrault et du théâtre avec Edgar Paillettes, sur les rapports fraternels et l’identité enfantine.
Enfin la jeune garde de l’écriture théâtrale est au rendez vous : Marielle Pinsard revient cette saison présenter deux spectacles et collabore à l’écriture sur un troisième. Le dramaturge congolais Julien Mabiala Bissila crée Au nom du père et du fils et de J. M. Weston ; produite par le Tarmac la pièce sera créée sur le plateau du théâtre en novembre.

Le programme complet de la saison 2015/2016 est en ligne sur le site du Tarmac.

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Camille Lucile Clerchon

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