Théâtre

HISTOIRE(S) DU THÉÂTRE II, Faustin Linyekula rate sa reprise au Festival d’Avignon

HISTOIRE(S) DU THÉÂTRE II, Faustin Linyekula rate sa reprise au Festival d’Avignon

20 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Donner une suite à la Reprise, Histoire(s) du Théâtre I, le chef d’oeuvre d’arte povera de Milo Rau était chose difficile, malheureusement, Faustin Linyekula offre un joli spectacle mais sans portée politique.

Pour le second volet d’Histoire(s) du Théâtre, ce projet du NTGent,  nous dit le programme, « le chorégraphe congolais s’est tourné vers son enfance et ses souvenirs de la première pièce du Ballet national du Zaïre sous le régime dictatorial de Mobutu, avant d’y retrouver trois artistes encore actifs, à la fois mémoire et survie d’une politique culturelle ambiguë. » Sur le papier, c’est un rêve. Se confronter à la fois à l’histoire coloniale, et voir comment la culture est un outil de la dictature, cela aurait été un choc à hauteur de La reprise. Mais, la pièce ne dépasse pas le cadre de l’archive officielle, sans la mettre en perspective.

Oscar Van Rompay et Papy Maurice Mbwiti sont ici comme des maîtres de cérémonie, ils racontent l’histoire de ce ballet, né en 1974, et qui raconte l’épopée de Lyanja. Du groupe de départ, il ne reste pas grand monde, mais Wawina Lifeteke, Marie-Jeanne Ndjoku Masula et Ikondongo Mukoko sont sur scène et rejouent le match. Sur scène d’ailleurs, il y a peu de choses : quelques masques tribaux, des chaises et un projecteur manipulé par les comédiens. L’économie en autosuffisance du NTGent se retrouve bien là.

La proposition ne dépasse pas le sympathique cadre d’un voyage un peu exotique. Pourtant, au commencement, tout ne va pas si mal. On entend : « Il faut raconter une histoire plusieurs fois pour qu’elle puisse se faire entendre » mais justement, le dur de l’histoire ne nous est jamais raconté. Pourquoi un dictateur s’offre-t-il un spectacle, on peut le deviner, mais pourquoi ce spectacle lui survit, dans la même scénographie ? Nous n’avons pas la réponse. Il y a aussi ce mot magnifique « lobi » qui veut dire hier et demain, qui évoque l’idée d’une permanence des traditions.

Les revoir réactiver les chants de Lyanja ne suffit pas à remplir les manques.  La question que pose Oscar Van Rompay “que se serait-il passé si les Belges étaient devenus congolais ?”  souligne l’envie de vouloir pointer le nœud serré qui relie les histoires nationales et les histoires personnelles.

Une très belle idée donc mais qui ne se réalise pas.

Jusqu’au 23, Cour minérale – Avignon Université à 22h00. Durée 1h50

Visuel : Histoire(s) du théâtre II © Christophe Raynaud de Lage

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