Théâtre

Ghislaine Gouby, Directrice des Scènes du Golfe, Vannes-Arradon  : « Programmer, c’est acter »

Ghislaine Gouby, Directrice des Scènes du Golfe, Vannes-Arradon : « Programmer, c’est acter »

30 octobre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ghislaine Gouby dirige les Scènes du Golfe, Vannes-Arradon a accepter de nous parler de son métier de directrice et programmatrices, quelques semaines après son lancement de saison?

Quand on regarde votre programme, on est d’abord saisis par ce visuel protéiforme. Racontez-moi ce dessin ?

scenes-du-golfe-scene-conventionneeC’est une métamorphose. Scènes du Gofe est l’union du Théâtre Anne de Bretagne à Vannes et de La Lucarne à Arradon. J’ai demandé à Boris Igelman, graphiste, de travailler sur ce sujet de la transformation, du changement et de ses étapes.
Les métamorphoses révèlent ou cachent un sens allégorique.
En grec ancien la métamorphose est l’après mise en forme. C’était intéressant. Boris (mais il en parlerait mieux que moi) a dessiné ce visuel où se mêlent harmonieusement, coraux, hypocampe, renard, mer et terre. Vannes et Arradon sont historiquement tournées vers l’une et l’autre.
Le futur est à écrire.

Ensuite, on est saisis par la diversité du programme, reflète-il votre parcours qui vous a amené à travailler partout en France?
Programmer, c’est acter.
Chaque spectacle accueilli, créé ou coproduit est un acte. Un accompagnement volontaire. Une décision. Un engagement.
Une saison c’est une composition d’actes et de réponses à ces questions. Qu’est-ce qu’on montre? Qui? Quoi? Pourquoi? Pourqui? Et même quand?
Et ces réponses sont à la fois « personnelles » et pas du tout.
Elles n’appellent pas les mêmes choix selon que vous vivez à Vannes ou à Marseille par exemple.
A Vannes et Arradon la programmation de Scènes du Golfe est l’offre la plus importante d’un territoire assez vaste. Je cherche à donner à voir un panorama de la création française et aussi européenne. Du théâtre, du cirque, de la chanson, de la littérature, de la danse…Les Arts. Sans restrictions.
Sans confiscation.
J’assume de la même manière le fait de proposer des projets éloignés de la connaissance des spectateurs et d’autres déjà reconnus.
La reconnaissance ou la méconnaissance du travail d’un artiste n’est pas un critère de talent.
Seuls les talents à faire découvrir ou déjà plébiscités sont réfléchis.
La programmation de complaisance, de chiffres, n’est pas ici présente.
Ce qui ne signifies pas qu’il faille se priver de certains noms.
Ce sujet des noms est d’ailleurs tout à fait relatif.
Ivo Von Hove et sa prochaine création accueillie en avril est le spectacle le moins fréquenté spontanément…

Comment concilier le pointu et le populaire ? Avez-vous le même public sur toutes les propositions ? Par exemple Wainwright un soir, Bazin le lendemain !

Rufus Wainwright comme Laurent Bazin seront des découvertes pour le public.
Tout comme Ivo Von Hove, Pippo Delbono, Chloé Moglia, Jean-Luc Vincent, Sophie Perez, Phia Ménard, Emmanuelle Huyhn… qui n’ont jamais « joué » à Vannes ou Arradon.
Juliette Binoche, Alexandre Tharaud, Nathalie Dessay pour ne citer qu’elles et lui, sont plus populaires. Plus médiatiques.
Nous sommes un théâtre public, nos missions ne sont pas celles d’une logique marchande. En même temps nous sommes responsables des deniers publics et nous devons d’équilibrer nos dépenses et nos recettes.
Nous contons et nous comptons.
Concilier le pointu et le populaire, c’est un défi. Plus exactement le défi c’est œuvrer pour que le pointu soit populaire dans les villes où votre équipe et vous vous impliquez.

La saison vient d’être lancée, quel est votre premier bilan ?
Le premier bilan est bon. Aprés une augmentation de 16% de la fréquentation la saison dernière, le début de celle-ci est encore supérieur de 5%. Maintenant il faut garder cette progression tout au long de la saison.
Les premiers spectacles, magnifiques, ont été applaudis avec un bel enthousiasme. Cela nous aidera à établir un lien de confiance plus large encore avec les Vannetais, les Aradonnais et les habitants de l’agglo.

D’un point de vue très politique, êtes-vous, au théâtre, menacée par l’arrêt des contrats aidés ?
L’équipe est composée de personnes aux statuts divers: Des fonctionnaires, des CDI de droit public, des CDD de droit public, Nous travaillons aussi avec des techniciens intermittents du spectacle. Nous avons obtenu le droit de recruter une personne en service civique.
Nous ne sommes pas en l’état affectés par la fin des emplois aidés.

Quelle attention portez vous au jeune public ?
Les spectacles jeune public occupent une place importante dans notre saison.
C’est une volonté.
Il y a les spectacles proposés en soirée et à 12H30 avec des jours et tarifs adaptés à 5 ou 10 euros.
Et des spectacles accueillis dans les écoles ou les collèges. Souvent gratuits pour les élèves.
Les Récréations, spectacles de forme courte, surprise, accueillis depuis deux saisons dans les cours d’établissement à l’heure de la Récré ont touché plus de 12000 enfants.C’est une commande que nous avons faite au Cirque Farouche qui a « relevé le gant » merveilleusement
« Montrer », c’est notre crédo. Pour faire aimer.
On ne peut aimer ce que l’on ne connait pas.

Visuel : ©Gilles Vidal

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

One thought on “Ghislaine Gouby, Directrice des Scènes du Golfe, Vannes-Arradon : « Programmer, c’est acter »”

Commentaire(s)

  • Nicole Hollington

    de très bons souvenirs avec vous. Je vais très souvent à l’île de Groix. Je suis à la retraite depuis un moment. Je vous souhaite plein de succès. amicalement

    novembre 18, 2017 at 19 h 50 min

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