Théâtre

« Fugue en L mineure » à Belleville : une légèreté riche de sens, qui nous parle de féminité

« Fugue en L mineure » à Belleville : une légèreté riche de sens, qui nous parle de féminité

05 novembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Au Théâtre de Belleville, cette pièce de Léonie Casthel mise en scène par Chloé Simoneau trace l’histoire de la découverte d’une féminité. Avec modernité, finesse, et zéro prise de tête. Charme fou, moyens simples, et surtout légèreté bienvenue : un Prix du public mérité au dernier Concours du Théâtre 13.

[rating=4]

Fugue en L mineureTout pour plaire : si le spectacle Fugue en L mineure donne ce sentiment, on ne peut pas en dire autant de son héroïne, ELLE, adolescente perdue dans la nuit parisienne et dans son mal d’exister. Dans sa difficulté à donner une image d’elle-même… Arrêtée sur un trottoir, et entourée de prostituées, elle va se souvenir, dans le désordre, et dialoguer avec ses fantômes. En être là à cause d’une jupe… Et toute cette vie, avant, à écouter son père sexiste, sa mère dépressive, sa sœur sensuelle et triste parfois. Ainsi que ses camarades de classe, les garçons, les filles « demi-moches », les populaires…

Dans cette pièce, on échappe au stéréotype comme au pathos. Le texte met en scène de subtiles figures, que l’on découvre par petits morceaux. Technique qui, en fin de compte, nous les rend proches. Car elles n’apparaissent ni figées, ni lourdes. La mise en scène a su, quant à elle, conserver cet état d’apesanteur. Trois rideaux à lanières encadrent les comédiens. Et leurs mouvements de symboliser les différentes atmosphères traversées. La fraîcheur des années de collège ? un jeune homme (Mehdi Harad) passe sur une trottinette, et tout vole. Une scène de sexe ? le père (Benoît di Marco) se tient derrière l’un des rideaux, son ombre seule se découpe dans un projecteur, et la perception de celle qui écoute est traduite. La musique jouée par Ignacio Plaza Ponce, mesurée comme il faut, souligne ces ambiances. Et les souvenirs sont subtilement présentés, entre voix off et comédienne au micro, costumes colorés et longues scènes gestuelles.

Résultat : une impression de justesse, dans le jeu comme dans la peinture. Malgré des moments où se sent une crispation chez certains, où le texte file trop, l’interprétation reste de très bonne tenue. L’énergique Lola Roskis Gingembre ne caricature jamais son personnage d’adolescente en colère, qu’on regarde avec tendresse. Et Leïla Tabaï sait jouer, tout en finesse, une émouvante superficialité. Enfin, on se sent proche de Blandine Pélissier lorsqu’elle décrit le mal de mère qui la ronge. Ca nous parle. Et quand, en fin de parcours, Julie Ménard, qui joue la conscience de notre ELLE, se met à scander « Sexe ! sexe ! sexe ! » sur une musique électro, le mot sonne sans aucune vulgarité. C’est qu’on s’est questionné dessus pendant une heure vingt. Mais avec finesse. Et en se faisant plaisir. Et oui : c’est possible. Courez siroter ce cocktail.

NEWS :

Fugue en L mineure est repris au Théâtre de Belleville du 15 au 21 décembre.

Pour réserver, cliquez ici

Visuel : © Nicolas Drouet

Infos pratiques

Institut Cervantes de Toulouse
La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco de Toulouse
theatredebelleville

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