Théâtre
Désirades au Théatre de Belleville

Désirades au Théatre de Belleville

07 mai 2015 | PAR Simon Théodore

Du 27 avril au 12 mai 2015, la Compagnie Désirades présente un nouveau spectacle, mis en scène par Valérian Guillaume. Cette pièce questionne la société et met en exergue notre quête perpétuelle de l’amour et de l’autre. Avec maladresse et poésie, usant de patience et de frénésie, les trois acteurs (Arthur Daniel, Jean Hostache et Zoé Lizot) dépeignent l’objectif de toutes vies. Cette pièce d’une heure et quart est incompréhensible et réfléchie.

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À trois sur les planches du Théâtre de Belleville, ils sont ensemble et ne se voient pas. Connectés par leurs smartphones, obnubilés par leurs messageries vocales, ces êtres perdus sont isolés. Ils se côtoieront mais ne se parleront jamais. Ainsi, débute la pièce. En un acte et quelques minutes de présence, ils résument les contours de la société contemporaine. Perdues, névrosées, esseulées et inhibées, ces corps attendent, attendent et attendent encore… Ils questionnent et cherchent, tour à tour, l’amour au travers d’un langage aux envolées poétiques parfois incompréhensibles, où le spectateur perd le fil. Malgré quelques maladresses, le jeu est touchant, atteint l’hystérie par moment et attrape, du regard, le public comme si celui-ci avait les réponses aux nombreuses questions. Après de longs moments de respirations, le public est bien face aux monologues d’individus tourmentés, conséquences du monde.

Les comédiens se succèdent mais les personnages interprétés se ressemblent. Seul celui de Jean Hostache se dégage, tiraillé par la recherche de sa sexualité. Sa libération a des accents cinématographiques. Les différents actes sont rythmés et aérés par un ambitieux projet mêlant le dessin, la chorégraphie et des jeux de lumières. En écho à certaines phases de folies du spectacle, ces traits de luminosité auraient mérité de s’épanouir plus magnifiquement sur les corps et les décors. Le final fait subitement redescendre dans les bas fonds du questionnement de l’humain. Chacun s’y reconnaîtra au moins une fois et comprendra que les véritables problèmes sont absents du quotidien du commun des mortels. Drôle, puissant et efficace, il dévoile la niaiserie et la futilité du questionnement de l’espèce. Heureusement qu’il y a internet pour toutes ces interrogations existentielles…

Le jeu des comédiens n’est pas sans défauts, le texte parfois lourd et la mise en scène peu claire mais qu’importe, les émotions sont partagées et la réflexion, voire la révolte gagne, face à l’état des lieux du questionnement humain, lorsque les lumières s’éteignent.

Du 27 avril au 12 mai, au Théâtre de Belleville. Plus d’informations ici.

Visuel : DR

Infos pratiques

Institut Cervantes de Toulouse
La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco de Toulouse
theatredebelleville

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