Théâtre
Decevants Amours vulnérables de Desdémonde et Othello aux Amandiers

Decevants Amours vulnérables de Desdémonde et Othello aux Amandiers

26 septembre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

3-Desdémone-et-Othello©Alain-Scherer (1)En 2011, Razerka Ben Sadia-Lavant met en scène une version slam et ultra glam’ de Timon Athènes. deux ans plus tard, elle s’attaque à un Othello revisité, Les amours vulnérables de Desdémone et Othello mais n’atteint pas la puissance et la féerie du premier.

[rating=1]

Le casting est à pleurer tellement il est divin. Dans le rôle de Iago, fomenteur de complot, Denis Lavant, pour camper Othello, le rappeur Disiz (la peste), la femme qu’il aime, Desdémonde est jouée par Alexandra Fournier. Pour incarner l’objet de la jalousie, Cassio, on retrouve Clovis Fouin que nous avions laissé, éblouissant, dans Les cahiers Nijinski à l’Odéon. Au chant, la charismatique Sapho accompagnée du talentueux joueur de Oud, Mehdi Haddab.

Dans cette version, l’histoire est resserrée sur le piège que Iago tend au général Othello. Il lui reproche de lui avoir préféré Cassio au poste d’intendant. Alors, en homme immonde il viendra insuffler le « poison mortel qu’est la jalousie » dans l’esprit d’Othello qui viendra douter jusqu’au drame de la fidélité pourtant implacable de la douce Desdemone.

La mise en scène nous améne dans un palais urbain, où si les lustres sont classieux ils sont accrochés à une structure métallique. Dans Chypre envahie par la joie d’avoir gagné la guerre, les fêtes virent au drame, imposant aux personnage un ballet de combat.

Sur le papier, un spectacle formidable mais qui ne fonctionne à aucun moment. Le texte est récité et cela quel que soit l’interprète, les chants semblent venir chercher le beau de façon ostentatoire. Le rythme ne décolle pas et se perd dans une mise en scène qui s’essouffle par trop peu d’éclat. La musique ne sauvera rien même Denis Lavant semble ici se caricaturer lui même, chancelant et lyrique. A aucun moment, la pluralité des compétences ne se sent. Si dans Timon, le slam de D’de Kabal venait déchirer le silence, ici, les identités ne surnagent pas. Rappeurs, champions du monde de taekwondo, comédiens ayant joué avec Olivier Py ou Brigitte Jacques, tous sont comme empêchés. Et pourtant, cette histoire d’amour sous fond de racisme permettait tant.
Dommage.

Visuel : ©Alain Scherer

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