Théâtre

[Avignon Off] Très vieille histoire un peu compassée par un « Nouveau héros » hyper doué

[Avignon Off] Très vieille histoire un peu compassée par un « Nouveau héros » hyper doué

15 juillet 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Bertrand Barré, seul, interprète un monologue sous l’astucieuse direction de Nicolas Kerszenbaum, qui signe également le texte. Son sujet : l’histoire d’Hercule. Cinquante-cinq minutes dans lesquelles il exprime toute l’étendue de son talent. Avec, on le regrette, une actualisation pas tout à fait au point de cette légende…

[rating=3]

Affiche Nouveau herosBertrand Barré, présence massive, survèt’ anonyme, rentre sur la scène. Il s’assied à un bureau – le seul élément de décor, par ailleurs – et sort… des Playmobils. Avec, il va nous jouer l’histoire de Jupiter, le dieu qui descend sur Terre faire un enfant à Alcmène, épouse du général Amphitryon. Cet enfant sera Hercule. Bertrand Barré, en fait, c’est Hercule. Et Nouveau héros, c’est son histoire.

Qu’il joue une femme, une déesse jalouse, un serpent, une épouse battue, un homme en colère, notre comédien reste constamment juste, et prend son temps. Tout existe, autour de lui. Aux jouets sortis au départ s’ajoutent quelques poupées Barbies, et guère plus. A des moments, il laisse ce bric-à-brac, et se met debout. Jouant juste avec sa voix et son corps. Pour que son récit passe, il ne compte que sur lui-même. Tant mieux.

Le texte, hélas, ne convainc pas tout à fait. Car globalement, l’actualisation manque de sens. Même si le récit se déroule « à Sevran en 1973 ». « Que faut-il retirer de toute cette histoire ? » se demande-t-on. En fait, les scènes prennent sens en elles-mêmes, indépendamment. Mais on ne le saisit qu’assez tard. Lorsqu’il est question d’une femme, et de sa difficulté à résister aux hommes, à s’imposer au travail… Là, une résonance se fait. Mais la pièce est déjà presque finie… Il eût fallu un peu plus de temps, d’autres scènes à apprécier… Qu’importe : le talent de Bertrand Barré nous a fait voyager, de façon tantôt dure, tantôt légère. Déjà pas mal.

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

Visuels : © Franchement, tu

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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