Danse
Play : l’onirisme selon Alexander Ekman

Play : l’onirisme selon Alexander Ekman

15 octobre 2021 | PAR Juliette Sergent

Le chorégraphe Alexander Ekman reprend Play, sa première création pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 2017. Une prestation de danse contemporaine avec quelques touches de classique, où une succession de tableaux autour du jeu et du laissé aller nous ramène en enfance.

La seule limite d’Ekman ? L’imaginaire. Dans Play, qui reste sa dernière création pour le Ballet de l’Opéra de Paris, une trentaine de danseurs se livrent à un exercice difficile : jouer tout en dansant. Ce chorégraphe est attiré par les jeux et toutes les réflexions autour de cette activité ludique, divertissante, parfois frivole. Alors, après un long travail de recherche et d’expérimentation, Ekman choisi de construire ce projet unique, où le sérieux n’a pas sa place sur scène. Le danseur Simon Le Borgne est le file conducteur du ballet. Le rideau n’est pas encore levé lorsqu’il est déjà en place, désarticulant son corps au rythme d’une musique imaginaire peut-être ? Un ballet aux allures de performances théâtrales hautement maîtrisé sans entrer dans le grotesque, dansé sur une musique originale de Mikael Karlsson.

Le rire pour partager, le jeu pour unir

Construit en deux actes, la première partie du spectacle nous confronte à une ordre de danseurs redevenus enfant, vêtu de costume épuré. Ils crient, le sourire aux lèvres, courent sans avoir de direction à l’esprit. Ils sont lumineux, remplis d’énergie. L’imagination d’Ekman est aussi débordante que celle d’un enfant. Ainsi, il nous transporte littéralement sur une autre planète. Les danseurs et les danseuses deviennent des spationautes, des clown ou des cerfs majestueux. La troupe déborde d’énergie, et sont seulement trahis par leur intense respiration et la transpiration ruisselante sur leur visage souriant. Si certains tableaux peuvent sembler angoissants, appuyer par l’orchestre jouant une musique aux allures inquiétante, n’oublions pas qu’il s’agit simplement de jeux. Alors, tout est permis.

En parallèle, les spectateurs sont également invités à jouer avec eux. Des ballons gigantesques s’agitent au-dessus des rangs, les applaudissements retentissent lorsque les danseurs donnent le rythme. Une pluie de boules verte vient surprendre le public, obnubiler part cette nouvelle idée d’Ekman. Cette pluie deviendra une immense piscine à boules, où les danseurs plongent, jouant encore. 

De l’enfant à l’adulte, l’évolution du jeu

« Je me suis rendue compte que l’opposé du jeu, c’est la dépression, ou l’enfermement dans un système » explique Alexander Ekman. Ce système est joué dans le deuxième acte, où les danseurs devenus adultes, désormais habillé de noir et de gris – en contraste avec le blanc du premier acte – ont laissé au placard leur sourire avec leur costume d’astronaute et de clown. Ils jouent une routine, un ennui. Le temps passe et le jeu se fait de plus en plus rare. Le spectateurs, face à ce quotidien peut-être familier, peut alors se remettre en question. Libre à lui, une fois sortie de l’Opéra Garnier, de reprendre le chemin du jeu et du sourire.

Une fois le rideau tombé, enfants mais aussi adultes sont tentés par cette piscine à balles, toujours présente après le spectacle. Et certains ne s’en sont pas privés. Alexander Ekman, le message est passé.

 

Play d’Alexander Ekman à l’Opéra Garnier de Paris, jusqu’au 6 novembre 2021.

Visuel : affiche Play d’Alexander Ekman

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Juliette Sergent

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