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L’obsédant Jerk est de retour au Théâtre de la Bastille

L’obsédant Jerk est de retour au Théâtre de la Bastille

19 novembre 2013 | PAR La Rédaction

Jerk est de retour, encore et toujours, toujours plus obsédant, toujours plus inquiétant. Jonathan Capdevielle campe, inlassablement depuis plus de 5 ans, un tueur/violeur/découpeur trash à souhait. Encore et toujours, coup de cœur !

[rating=5]

Jonathan Capdevielle nous accueille seul sur scène assis sur une chaise. Il porte un jean, des docks Martin et un sweat-shirt à capuche sur lequel est écrit en lettres capitales « JERK ». Le décor blanc maculé impose immédiatement un silence de mort. La scénographie de la plasticienne et chorégraphe Gisèle Vienne est hypnotique, nous plaçant, comme dans le récent The Pyre, dans un halo qui donne à chacun de nous la sensation d’être une proie pour celui qui est en face de nous.

Et cette personne, justement, est David Brooks (Jonathan Capdevielle). Accompagné de marionnettes à gaines en castelet, il raconte à des étudiants venus étudier sa psychose l’inaudible histoire qui l’a mené à se retrouver en prison. On oublie très vite que ces morceaux de chiffons et de bois inanimés ne sont pas vivants. Jonathan Capdevielle leur insuffle la vie. Plus que ça, il leur donne une âme.

Ces marionnettes nous narrent avec des détails troublants les fantasmes et les crimes perpétrés par son complice et tortionnaire Dean Corll. Le public, main sur la bouche comme pour étouffer un gémissement de dégoût, découvre avec horreur et stupéfaction la perversion des crimes de ce serial killer. Les détails et les bruitages nous plongent encore plus dans cette insupportable violence.

Jonathan Capdevielle est envoûtant,  possédé par ces personnages. Son interprétation est parfaite. Alors que l’on imagine aisément une suite pas plus joyeuse, la seconde partie est tout simplement jouissive. Le marionnettiste devient la marionnette et la possession s’intensifie. On se souvient alors que le comédien est ventriloque, pour notre plus grand et plus sale plaisir.

La mise en scène de Gisèle Vienne est extrêmement juste, elle nous livre avec intelligence une pièce à la fois fantastique et terriblement sombre. Un tourbillon angoissant, fascinant, à la perversité merveilleuse.

Visuel : © Mathilde Darel – Dave Ziskind

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