Performance
La violence légitime d’Alessia Siniscalchi en travail à La Ménagerie de Verre

La violence légitime d’Alessia Siniscalchi en travail à La Ménagerie de Verre

14 avril 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

En résidence à la Ménagerie de Verre, Alessia Siniscalchi fait mûrir son Oreste will be back en compagnie d’une équipe très plurielle. Un manifeste de « culture essentielle« .

Dans la série vie de princesse en temps obscurs, en plus des représentations professionnelles, nous avons le droit d’accéder aux répétitions des spectacles. Tout cela pendant que, de façon ultra arbitraire, les lieux culturels sont fermés. Alors pourquoi autoriser à la presse ce que l’on interdit au public ? Aucune idée. Mais cela permet de faire acte de combat et de résistance et de rendre compte. Mieux que rien.

Et justement, c’est exactement ce qu’il se passe lorsque l’on arrive dans l’iconique salle de La Ménagerie, ancien garage transformé en salle de spectacles par Marie-Thérèse Allier, en 1983. Ici ça pue la violence. Un jeune homme, Paul Spera, est éclairé au néon, l’espace est bardé de câbles, il y a du monde qui s’en mêle. Alessia Siniscalchi intervient : « c’est bizarre ! », « meurtrier ou justicier ? » en déambulant énervée, accompagnée de la danseuse Isabelle Bangoura. Phil St George est aux « platines » et pense en  Live la bande son de cette tragédie. Giovanni Ambrosio, lui aussi en direct, projette ses photographies. Benjamin Sillon gère la lumière et les projections des vidéos de  Maria Mazzella.

Lui affirme qu’il a eu raison de le faire, que « la rage appelle la rage ». Qui, lui ? Oreste bien sûr, celui qui a tué sa mère et son amant, et qui a souvent expliqué pourquoi. Il continue ici, avec tous les moyens du bord, en rap, en poème, en chansons au tempo electro. La musique  qui est donc comme tout le reste créée en direct. Oreste en tutu rose convoque les oracles et la lune, sur une terre envahie d’images mouvantes.

La force de l’improvisation ancrée dans des points de rendez-vous rend l’objet très étrange. Il est très agréable de s’y accrocher. Le travail de lumière et de vidéo extrêmement bien adapté à ce lieu si blanc et si bas de plafond rend la performance enveloppante. Ni théâtre, ni danse, ni exposition, ni concert mais tout à la fois, Oreste will be back continue sa route après trois étapes de travail : La Fondazione Mondragone, La Kulturfactory et donc la Ménagerie de Verre.  Pour suivre la quête d’Oreste pour la légitimation de son acte, c’est ici.

 

Visuel : Roberto di Mola

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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