Performance
La fréquence d’Akira Takayama au Kunstenfestivaldesarts

La fréquence d’Akira Takayama au Kunstenfestivaldesarts

21 mai 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Et si le Mac Do était un lieu de culture universelle, plus encore, une Université ? C’est l’idée, pas si folle de l’artiste et directeur de théâtre japonais qui se donnait au Kunsten jusqu’à hier soir.

« McDonald’s Radio University est un projet qui se de?roule a? diffe?rents endroits de la ville, devant les restaurants McDonald’s. Ce projet cre?e ainsi une occasion d’e?couter une confe?rence donne?e par les citoyens de Bruxelles.  » Pour cette édition du Kunsten 100 % plein air, c’est en terrasse que l’écoute se fait. Des radios nous sont confiées, nous y branchons un casque et nous cherchons la bonne fréquence.

Hier soir, c’était la dernière lecture, « Swimming ». Les jours précédents, on pouvait écouter des « conférences » sur « Criminology », »Etudes culturelles » ou « Anthropologie sociale »… Toutes ces lectures sont disponibles ici.

Alors pourquoi le Mac Do ?

Parce qu’il y en a dans chaque ville. Et que c’est un endroit où l’on peut rester des heures avec un coca, aller aux toilettes et avoir du wifi. C’est là que se retrouvent tous les exilés d’une métropole. L’idée vient de là : et si les parcours de vie de chacun étaient racontés comme à l’Université ? 

A ce titre la vie de Hussein Alqawas vaut que l’on s’y attarde. Il a fui Bagdad en 2015 à cause de la guerre. Il est handicapé depuis la naissance des suites d’un geste plus que malencontreux de l’obstétricien. Cela n’a pas empêché son père de l’amener nager dans le Tigre. Au fil de la vie et au fil de l’eau il devient un nageur chevronné et au moment où il nous lit son histoire il a changé de sport, il a rejoint la section handisport d’un club de Taekwondo à Bruxelles. Il devrait participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo, en 2021.

Ecoute flottante

Du point de vue de la performance, sa version extérieure place les écoutants dans une position très visible. La place de la Bourse est très courue, elle est centrale, il y a une grosse station de métro. Nous sommes tous ici et là, nous avons choisi de nous adosser à une fontaine plantée la par souscription à la fin du XIXe pour saluer la mémoire d’un magistrat. Nous sommes vus en train d’écouter, et les passants d’interrogent. Les uns baissent les yeux, les autres les lèvent. On se place nécessairement dans une écoute flottante. On ne voit pas le lecteur, on le devine, de dos attablé.

Ce n’est pas le sujet. Justement, on doit pouvoir écouter comme on le souhaite (on n’osera tout de même pas le « comme vous êtes » !). Ce qui est très chouette c’est la sensation de faire une rencontre que l’on n’aurait pas pu faire autrement.

Rien ne vous empêche de poursuivre l’expérience chez vous, avec un thé, au chaud !

Visuel : ©Marahiro Hasunuma

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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