Performance

Hamlet version électro au Théâtre de l’Archipel [Perpignan]

Hamlet version électro au Théâtre de l’Archipel [Perpignan]

12 décembre 2017 | PAR Gilles Charlassier

Loin de se résumer à une fameuse réplique, Hamlet a inspiré nombre d’adaptations, de l’opéra au cinéma, en passant par la peinture. S’appuyant sur des partitions de Pierre Henry, Wilfried Wendling en propose une version électro, avec Serge Merlin dans un seul en scène entre théâtre et installation vidéo. Toute La Culture était au Théâtre de l’Archipel, le 18 novembre 2017, dans le cadre du Festival Aujourd’hui Musiques. 

[rating=3]

Créé par Aujourd’hui musiques à Perpignan il y a quelques semaines, à la mi-novembre, et produit par la compagnie La Muse en circuit, le nouveau spectacle de Wilfried Wendling, Hamlet, je suis vivant et vous êtes tous morts, effectue une escale au Nouveau Théâtre de Montreuil, dans le cadre de son festival Mesure pour mesure, avant deux autres dates à Créteil. Si le concept scénographique s’appuie sur la traduction, traditionnelle, de François-Victor Hugo, dont on reconnaît quelques répliques, le texte demeure minoritaire dans ce qui relève davantage d’un opéra électro et vidéo.
C’est d’ailleurs par une longue séquence – tunnel diront certains – stroboscopique dans la pénombre, sur fond d’une matière musicale brute, que s’ouvre la soirée, avant que n’émergent les premiers mots. On se trouve ainsi au milieu d’une installation sonore et visuelle qui tapisse les murs de la salle de projections réglées par Milosh Luczynski. Granulations cathodiques, spectres, déformations monstrueuses du visage du héros en gros plan : c’est à une plongée au cœur de l’assourdissante hésitation dans laquelle erre Hamlet que l’on est plongés, dans un face à face intime avec la mort, et la voix de son père assassiné.

Seul en scène, et immergé dans le tissu électroacoustique, Serge Merlin peut, grâce à l’amplification, comme au travers d’un microscope sonore, confiner son monologue à la limite du murmure et de l’articulation. L’effet de loupe sur le ressassement est saisissant, même si la boucle des fantômes et des remords ne peut éviter la redondance. Moins spectaculaire, la seconde partie alterne alors soliloques et nuées lumineuses, aux allures de crépuscule, distillant une poésie indéniable, plus proche de la solitude profonde du personnage.

On retiendra la maîtrise technique du dispositif, qui fait tomber les barrières entre la scène et le public, et repousse les limites du théâtre, avec la remarquable performance de Serge Merlin. Ici la technologie explore de nouvelles formes artistiques, cédant parfois à l’ivresse des moyens.

 

Hamlet, je suis vivant et vous êtes morts, Wilfried Wendling, création à Perpignan le 18 novembre 2017, les 7 et 8 décembre à Montreuil, et les 13 et 14 décembre à Créteil

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