Performance
Créations au festival Ardanthé : Aïna Alegre, Nina Santes, Nuno Lucas

Créations au festival Ardanthé : Aïna Alegre, Nina Santes, Nuno Lucas

18 février 2015 | PAR Camille Lucile Clerchon

Artdanthé réserve depuis toujours une large place aux créations. En 2015, 9 pièces seront présentées pour la première fois à l’occasion de la 17ème édition de ce festival foisonnant de propositions artistiques. La semaine passée à Vanves, ce ne sont pas moins de trois créations qui ont été présentées au public.

 

Délices d’Aïna Alegre
La chorégraphe espagnole crée un duo avec Charlie Fouchier à partir d’une recherche sur une impossible fusion des corps. Une situation toute conceptuelle assez difficile à appréhender sur laquelle la projection du délicieux, du désir, de la pulsion qui est annoncée dans la note d’attention peine à se faire. Malgré une interprétation que l’on sent profonde et engagée, Délices nous laisse sur notre faim.
Self Made Man de Nina Santes
Self made man est un solo conçu et interprété par Nina Santes. La pièce est telle une petite parabole, minimaliste et poétique, qui se déploie par étapes. Le plateau est le chantier d’une figure masculine ( Nina Santes – un jean, une chemise, une barbe, une voix grave). Comment faire de grandes choses avec de petites : sur le plateau se trouvent 17 morceaux de bois. En cassant le mur, on pourrait y voir le dessin d’une demeure baignée de lumière, avec un jardin et au loin la mer, une terrasse panoramique… Splendeur et vanité de la création.
D’un chemin de traverse doré aux allures de couverture de survie, Nina Santes sculpte un énorme bloc qu’il/elle porte tel un-e Sisyphe contemporaine.
La dernière séquence laisse émerger un mouvement et un son comme un lâcher prise, issus des profondeurs de l’être, qui clôt avec émotion cette belle proposition de Nina Santes.
I Could Write A Song de Nuno Lucas
I could Write a song de Nuno Lucas est à chemin entre le one man show et la confidence murmurée au creux de l’oreille : tout cela tient au caractère si attachant et si humain du personnage qu’est Nuno Lucas, qui sait admirablement bien se mettre en scène.
Il tricote ainsi le récit de sa vie avec ceux de ses aïeux mais fait aussi revivre certaines scènes à la fois légères, anecdotiques, et pourtant marquantes, de son existence.
La pièce est à la fois légère et virtuose, où la parole est travaillée sur un rythme d’une grande précision, les récits se chevauchent et s’entrelacent et nous renvoient parfois irrémédiablement à nous mêmes, faisant éclore ainsi de petites bulles d’introspection, amusée au dessus des têtes des spectateurs, pour beaucoup, souvent, morts de rire.

Les prochaines créations programmées dans la cadre d’Ardanthé :
Témoignage d’un homme qui n’avait pas envie d’en castrer un autre : jeudi 26 février
Valérie Mréjen / Julien Fišera Eau sauvage : mardi 24 mars
Perrine Mornay Western : mardi 24 mars
Clémentine Baert Alors, est-ce que c’est là que ça commence ? : jeudi 26 mars
Lyllie Rouvière schWÄRMen : lundi 30 mars
Le programme complet du festival :
http://www.theatre-vanves.fr/discipline/artdanthe/

Visuel : I could write a song, Nuno Lucas

Love, par Yves Saint Laurent
L’abstraction gestuelle de Preljocaj
Camille Lucile Clerchon

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