Performance
1er avril, dans les coulisses d’un grand spectacle d’Yves Noël Genod

1er avril, dans les coulisses d’un grand spectacle d’Yves Noël Genod

08 septembre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

En découvrant la copie de travail de 1er Avril aux Bouffes du Nord, spectacle qui se donnera en … avril… aux .. Bouffes du Nord, on pense immédiatement à une fusion de deux spectacles précédant d’Yves-Noël Genod, Oui/Je peux. Normal vous répondra-t-il, ce 1er avril n’est pas une blague, il pose les prémisses de ces deux autres pièces. On comprend mieux pourquoi il est question ici, de vide, de succès, tout simplement d’acteurs.

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Au cœur d’un après midi encore estival, il fait sombre dans l’oratoire et une fuite d’eau fait goutter des traces d’orage dans un seau en plastique, faisant raisonner chaque perle comme une timbale. C’est dire si l’ambiance est déjà fantomatique quand le gracile Yves Noël arrive, chevelure blonde et costume pailleté pour nous lire, en prologue et comme à son habitude, quelques vers, cette fois, signés De Nerval.

Ce spectacle a été créé « en une journée » nous dit-il, nous assistons donc à une reproduction de cet instant béni où surgit le théâtre. Ici, pas d’histoire, pas de fil conducteur apparent. Sur le plateau nu qui ne souffrira d’aucun décor ( il ne faudrait pas faire affront à Peter Brook), la fumée devient une masse splendide comme saisie par le feu. Un homme (Bertrand Dazin) dans une doudoune militaire informe se fond littéralement dans un des murs décrépis. Une nana (Jeanne Monteilhe) superbe entrera en robe lamée. Longtemps ils seront deux, muets mais chantant, au gré de leurs envies Le Spectre de la Rose, des extraits des Nuits d’été, Berlioz ou encore L’air de la mort de Didon chez Purcell,

Le décalage est parfait entre le chant, très beau et le geste. Rien n’illustre rien mais nous savons pourtant que nous sommes au théâtre, car les saluts deviennent acte scénique dès les premières minutes.

Il fera surgir un trompettiste, un enfant, ou un mannequin… peu importe. Ce 1er avril vient faire trilogie avec Oui/Je Peux qu’il avait donné à la lumière du jour au Théâtre de la Cité Internationale. Il s’agit d’entrer au cœur de la création, dans la recherche de l’instant et de la posture juste. Le tout se fait dans une nostalgie très romantique, faisant même intervenir un troublant chevalier, (Simon Espalieu) plaçant ses pas désordonnés dans une langueur qui aurait séduit Musset.

Qu’est-ce qu’un acteur ? La question semble tarauder Genod qui n’en finit pas, pour notre plus grand bonheur, de tenter de répondre par tous les biais : ici une forme de music-hall baroque.

Nous restons saisis par ce surgissement de la lenteur absolument esthétisant, contemplatif et apaisant.

Avec : Youness Anzane / Ernesto Boiffier / Simon Bomo / Boris Dambly / Bertrand Dazin / Simon Espalieu / Bernard Genod / Philippe Gladieux / Chloé de Grom / Louis Laurain / Jeanne Monteilhet / Benoît Pelé / Gus Sauzay… (distribution en cours)

Visuel : (c):Patrick Berger

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