Opéra

Rossini, Airbus et les Papous à Montpellier

Rossini, Airbus et les Papous à Montpellier

30 septembre 2017 | PAR La Rédaction

Bras droit de Laurent Spielmann à l’Opéra national de Lorraine avant de prendre les rênes de Montpellier, Valérie Chevalier ouvre sa quatrième saison avec une Italienne à Alger créée en 2012 à Nancy. Revisitée par David Hermann, la comédie bouffe de Rossini troque l’orientalisme de pacotille et le naufrage d’un navire pour une robinsonnade à la suite d’un crash d’avion. Un spectacle réussi qui fait du bien pour oublier la morosité de la rentrée.

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Pour reconstituer le décor d’infortune dessiné par Rifal Ajdarpasic, on est allé cherché une authentique carlingue d’Airbus arrêtée par le destin qui gisait dans une casse près de Bristol, au sud de l’Angleterre, mais sans sponsorisation de l’avionneur européen – les férus de machines volantes commerciales pourront d’ailleurs reconnaître des modèles de sièges que l’on rencontrait sur les moyen-courrier dans la décennie précédente. Au milieu d’une jungle de bambous, les autochtones ont l’allure de tribus reculées de Papouasie ou autres peuplades équatoriales, avant que, à l’heure de la fuite d’Isabella et ses amis, ils ne retirent leurs masques et déguisements, laissant découvrir les naufragés qui retrouvent leurs uniformes d’équipage et de touristes. Habile et coloré, le spectacle prend, dans les dimensions de l’Opéra Comédie, des teintes plus intimistes rehaussées par les lumières réglées par Fabrice Kebour.

L’autre sel de cette reprise réside dans la direction de Michael Schønwandt, lequel vient d’être reconduit pour trois ans à la tête de l’Orchestre national Montpellier Occitanie. Plutôt que quelques réglages perfectibles, on retiendra d’abord une vitalité et une plasticité rythmique qui s’affirment dès l’Ouverture, où la sécheresse des percussions des janissaires est mieux mise en valeur que de coutume, tandis que, plus loin, le dialogue avec le pianoforte inventif d’Yvon Repérant se laisse goûter avec gourmandise.

Côté plateau, Hanna Hipp fait une Isabella de belle tenue, qui contraste avec la fraîcheur aérienne de l’Elvira de Pauline Texier, aux côtés de la Zulma également juvénile de Marie Kalinine. Lindoro d’une séduisante légèreté, Alasdair Kent aurait gagné un soupçon d’indulgence s’il n’avait pas eu la pudeur de taire son indisposition – un rhume semble-il. Le solide Mustafà de Burak Bilgili n’a vraiment pas cette excuse pour son vibrato parfois envahissant. Si Daniel Haly réserve un honnête Haly, c’est l’impayable Taddeo d’Armando Noguera qui se distingue, avec une irrésistible maîtrise vocale et comique. Quant aux chœurs préparés par Noëlle Gény, ils participent de la réussite de la soirée.

L’Italienne à Alger, de Rossini, mise en scène : David Hermann ; Montpellier, jusqu’au 1 er octobre 2017
Crédit photo : ©Marc Ginot

Gilles Charlassier

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La Girandole
Fond Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture
Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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