Opéra

Hélène Guilmette nous parle des Boréades à l’Opera de Dijon

Hélène Guilmette nous parle des Boréades à l’Opera de Dijon

25 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 28 mars, Hélène Guilmette campe  Alphise dans les Boréades à l’Opéra de Dijon. Rencontre !

On vous connait dans Gluck, Bach, Rameau… avez-vous une prédilection pour le répertoire baroque ?

J’avoue avoir un gros coup de coeur pour le répertoire baroque! Bien que je ne me considère absolument pas comme une spécialiste de cette musique, j’en ai toujours fait depuis le début de ma carrière, mais je l’ai toujours fait de façon très humble, beaucoup à l’instinct et surtout, accompagnée de grands spécialistes. Des chefs comme Emmanuelle Haïm, Christophe Rousset, Ottavio Dantone, Hervé Niquet, Raphaël Pichon ou encore Bernard Labadie ont su me guider à travers cet univers passionnant en m’enseignant les rudiments de l’ornementation baroque et le bon style, mais j’ai encore tant à apprendre! Je suis comme une éponge lorsque je travaille cette musique aux côtés de collègues qui eux, ont étudié et pratiqué ce répertoire depuis longtemps. J’ai participé à certaines productions marquantes comme Les Indes galantes de Rameau au Capitole de Toulouse en 2012 avec Christophe Rousset et Laura Scozzi, l’Orphée et Eurydice de Glück du tandem Pichon/Bory de l’Opéra Comique en 2018 et j’ai aussi enregistré deux disques d’œuvres de Händel aux côtés d’Andreas Scholl chez Harmonia Mundi, Persée de Lully avec Hervé Niquet chez Alpha et un disque de cantates de Rameau avec le claveciniste Luc Beauséjour chez Analekta.

J’ai aussi la chance d’avoir une voix qui peut s’adapter facilement à divers répertoires. Je m’amuse donc à passer de Rameau à Glück, de Poulenc à Mozart, de Händel à Debussy avec sagesse et prudence en me gardant toujours un peu de temps d’adaptation entre chaque projet. En revanche, je pense avoir de vrais affinités avec la musique française en général qu’elle soit de l’époque baroque, romantique ou même du 20ème siècle! Ce serait un peu ça mon répertoire de prédilection finalement!

Quand on interprète le dernier opéra d’un compositeur et que l’on sait que cette œuvre est vierge de toute mise en scène, est-ce un peu particulier en tant qu’artiste ?

Il est vrai qu’avec les Boréades, il n’y a vraiment pas beaucoup de références…mais il existe déjà un DVD disponible de la seule production scénique à avoir été faite, soit celle de l’Opéra de Paris de mon compatriote canadien Robert Carsen, dirigée par William Christie datant de 2003. Cela fait déjà plus de 15 ans, donc c’est quand même un événement de reprendre enfin ces Boréades sur scène après tant d’années et de pouvoir nous aussi laisser notre trace dans l’histoire. La responsabilité en est encore plus grande quand il n’y a pratiquement aucunes références disponibles. C’est une pression et en même temps un honneur aussi de défendre cette musique sublime!

En quoi le thème des Boréades allégorique, mythique, ancien nous /vous parle-t-il aujourd’hui ?

Dans les Boréades, Alphise doit faire le difficile choix entre son coeur et sa raison! Je crois que ce genre de question peut encore se poser aujourd’hui dans différentes sphères de notre vie. Nous faisons souvent face à des dilemmes importants et les choix que nous faisons peuvent grandement influencer le cours de notre vie! Il faut avoir le courage d’oser écouter son coeur et je crois qu’on se trompe rarement quand on le fait!

 Alphise est une femme puissante. Avez-vous interprété à l’Opéra d’autres rôles où le personnage central est une femme de cette envergure?

Non, c’est la première fois! J’ai déjà chanté des princesses, mais jamais des reines! Et surtout pas un personnage de cette stature, c’est un beau défi pour moi autant musicalement que scéniquement! Ce que j’aime de ce personnage est qu’il est à la fois fort, mais laisse aussi transparaître ses faiblesses, ses failles… Alphise fait face à un choix déchirant: choisir un époux qu’elle n’aime pas ou son vrai amour qui lui, n’est pas du sang des dieux. Elle fait un choix courageux et préfère renoncer à son trône plutôt qu’épouser un homme qu’elle n’aime pas. Voici d’ailleurs ma phrase préférée d’Alphise:« Cher amant, que serait sans vous l’empire de l’univers même…. » Quelle grande, noble et belle déclaration d’amour, n’est-ce pas?

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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