Opéra
L’Opéra de Flandres donne une belle production du très rare « Sadko » de Rimski-Korsakov [Gand]

L’Opéra de Flandres donne une belle production du très rare « Sadko » de Rimski-Korsakov [Gand]

20 juin 2017 | PAR Yaël Hirsch

Du 20 juin au 2 juillet, l’Opéra de Flandre propose une nouvelle production du conte chanté en sept tableaux, de Nikolaï Rimski-Korsakov, Sadko. (1896). Avec une mise en scène réaliste et ancrée dans la glaise de Daniel Kramer, des chœurs magnifiques et quelques grandes voix, la magie fonctionne pour qui aime l’opéra russe. Si vous avez aimé découvrir La Fille de Neiges à Paris, ce printemps (lire notre critique), filez découvrir Sadko.

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L’artiste Sadko se propose de faire devenir les marchands de Novgorod riches. La rencontre avec la princesse des mers, Volkhova, peut l’aider à accomplir ce destin héroïque. Mais Sadko est marié, sa femme se languit de lui, se rappelant à ses valeurs, il sait qu’il ne peut épouser la belle apparition…

Avec une musique riche, forte, chantante où l’on retrouve de nombreuses influences, du folklore russe à Wagner en passant par quelques accents Verdi, Sadko est un opéra russe de la transition vers un 20e siècle moins fougueux et plus impressionniste. Peu donné, cette oeuvre qui évolue en 7 tableau de conte enchanté est mise en scène par Daniel Kramer les pieds dans la glaise et le rêve du monde aqueux de la princesse Volkhova où l’on part voyager en Inde est signifié par un écran posé en hauteur et de travers où des images très « pop » sont diffusées. Ça bouge beaucoup – l’on pourrait même dire que ça tangue, les costumes sont très colorés, les personnages volontairement vulgaires et la mer reste une métaphore rêvée dans cet univers de marchands finalement très terre à terre, derrière la magie de conte et l’emportement nationaliste. Tandis que l’orchestre symphonique de l’Opéra de Flandre dirigé par Dmitri Jurowski donne pleinement à entendre la puissance et les arrangements étudiés  de Rimski-Korsakov, tandis que côté voix, dans le difficile rôle de Sadko (qui ne quitte pas la scène pendant près de 2h40)  Zurab Zurabishvilli tient la barre avec constance et les deux mezzo-soprano Raehann Bryce-Davis et Victoria Yarovaya impressionnent.. Porté par un cast efficace et une mise en scène qui ne le modernise pas tout à fait, Sadko nous fait osciller entre rêve et réalité et voyager dans un certain folklore russe conjugué au passé.

Sadko trailer from Opera & Ballet Vlaanderen on Vimeo.

visuel : affiche de l’opéra Louis Kahn (c) Koen Van den Broeck

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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