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Sophie HOVANESSIAN nous parle de 21 rue La Boétie

Sophie HOVANESSIAN nous parle de 21 rue La Boétie

20 juin 2017 | PAR La Rédaction

Sophie Hovanessian, Directrice de programmation culturelle de Culturespaces a accepté de répondre à nos questions à l’occasion de l’exposition 21 rue La Boétie qui se tient au Musée Maillol jusqu’au 23 juillet

A quel point le livre d’Anne-Sinclair a été une source pour cette exposition ?

La société Tempora, à l’origine de cette exposition, a souhaité faire une adaptation de cet ouvrage d’Anne Sinclair sur son grand-père Paul Rosenberg, marchand des plus grands artistes de l’art moderne entre 1914 et 1958. Benoit Remiche et Eli Barnavi, concepteur et auteur de cette exposition,  ont ainsi fait un travail d’adaptation en allant rechercher des œuvres illustrant le parcours remarquable de cet œil moderne .

Comment a été pensée l’exposition pour qu’elle mette en avant à la fois la richesse de la collection et son histoire, tellement représentative du 20e siècle ? 

Comme toute adaptation, il a fallu aux auteurs faire un travail d’interprétation avec une recherche importante dans les fonds documentaires existants. L’exposition montre les recherches faites par Tempora sur le système mis en œuvre par ce grand marchand dans sa relation commerciale avec les grands maîtres du début du XXe siècle. Il a également fallu contextualiser historiquement les faits pour comprendre la démarche de spoliation systématique et méthodique faite par les nazis sur les biens artistiques de Paul Rosenberg. Il a donc fallu articuler le propos en mettant en scène l’histoire de ce pionnier de l’art moderne et la grande histoire de l’entre-deux guerres. Deux histoires ou l’art est l’objet de tant de convoitises. C’est donc à la fois une exposition d’histoire et une exposition d’art.

Savez-vous si certaines grandes œuvres ont complètement disparu ? 

Certaines œuvres ont disparu, d’autres ont été retrouvées même récemment. Nous montrons l’exemple d’un Matisse qui est réapparu il y a quelques années à l’occasion d’une exposition parisienne consacrée à l’artiste. L’itinéraire de cette œuvre qui a transité dans les mains de Goering est tout à fait passionnant !

Pouvez-vous nous parler de la méthode de Paul Rosenberg pour choisir ses œuvres ?

Paul Rosenberg a déployé un système de classement et de documentation de toutes les œuvres qui ont transité par lui avec, une fiche d’œuvre, une plaque photographique, un catalogue d’exposition, tout l’appareil documentaire utile pour identifier et archiver son travail.

Chaque artiste avait un contrat avec lui et les prix étaient clairement débattus. L’exposition montre ainsi ce travail qui illustre le sérieux de ce grand marchand.

De la Boverie au Musée Maillol, l’espace est vraiment différent. Comment cela a-t-il impacté le travail du scénographe ? 

Les prêts qui ont été accordés pour l’étape parisienne ne sont pas tout à fait identiques avec ceux de l’étape liégeoise. Il a fallu modifier le parcours notamment pour la partie de la vente de Lucerne. La ville de Liège avait acquis 9 tableaux mais seuls 4 sont présentées à Paris. Pour l’étape parisienne, la dernière partie de la vie de Paul Rosenberg, notamment celle où il a déployé à New York ses talents de marchands en faisant connaitre par exemple Nicolas De Staël au marché américain, a été plus développée. Nous avons également voulu faire un écho avec des œuvres de Maillol car cet artiste a été représenté par Paul Rosenberg après-guerre aux Etats-Unis.

Visuel © Culturespaces / I. de Rosen

[Article partenaire]

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