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« Soeur je ne sais pas quoi frère », Philippe Dorin Tchekhovien au Théâtre Paris Villette

« Soeur je ne sais pas quoi frère », Philippe Dorin Tchekhovien au Théâtre Paris Villette

30 octobre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La compagnie pour ainsi dire aura 20 ans en 2017, autant dire demain. Dans la durée, l’auteur et metteur en scène Philippe Dorin éduque les enfants à une esthétique sublimée du théâtre en manipulant le conte pour venir assumer et donc éteindre leurs angoisses. (A partir de 8 ans) 

[rating=5]

Nous voici dans une drôle de maison où les pièces vont se transformer devant nos yeux tout au long du spectacle, de la cuisine à la chambre. Cinq sœurs évoluent là, elles ont 10, 30, 40 voir beaucoup plus d’années derrière elles. Leurs écarts d’age donne d’emblée à Sœur je ne sais pas quoi frère une teinte surréaliste.

Catherine (Catherine Pavet), Carole (Carole Got), Lili (Licia Ferron), Sophie (Sophie Verbeek) et Elisabeth (Mireille Franchino) sont liées comme les cinq doigts de la main de l’une de leurs sœurs. Le père est absent, et quant à la mère, on le comprend vite, elle n’est plus de ce monde. Comme dans les contes de Grimm les plus classiques, mais ici revisité avec un humour cinglant, les enfants sont laissés à leur propre sort.

Entre chants, jeux, mauvais coup et histoires à se raconter le soir, leurs vies commencent à s’éclairer. Nous sommes quelque part en Russie, les communistes approchent, et elles rêvent d’aller à la ville chercher mari ( mais « il n’y en aura pas pour tout le monde ») dans cette Cerisaie qui ne dit pas son nom.

Avec une finesse infinie, les drames sont ici soupçonnés. La mort, la peur et l’abandon traversent pourtant l’histoire de ces cinq filles  « très belles comme ça » auxquelles il faut ajouter une poupée, Klaudika, qui est là pour empêcher leur dessin mauvais de se réaliser. Comme dans Abeilles, habillez vous de moi, Philippe Dorin, ici associé à Sylviane Fortuny, immisce du rêve dans les jupons blancs et virevoltants.

Le conte se fera initiatique, il viendra le jour où il faudra laisser là la fameuse poupée et pourquoi pas aussi rendre les armes, et allez fumer tranquille ?

Visuel ©Patrice Leiva

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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