Théâtre

2084, un futur plein d’avenir au TEP

09 décembre 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ismaïl Safwan tire les ficelles talentueuses de Philippe Dorin au Théâtre de l’Est parisien

Un « 1984 » d’Orwell cent ans après, pas en littérature mais en marionnettes manipulé par des comédiens talentueux. Oubliez le « Guignol » à la papa et courrez voir ce bijou de théâtre contemporain drôle et fin sur le futur de notre monde actuel. A partir de 9 ans
La première scène est en quelque sorte un clin d’œil que fait Philippe Dorin à « Je tremble » de Joël Pommerat et pourtant tellement loin de ce que l’on associe à l’art de la marionnette. Ici, les personnages sont manipulés dans des mouvements allant dans tous les sens. La première image est un coup de poing.
Un monsieur loyal miniature avance vers nous sur un long podium, il se glisse dans la lumière et annonce au public qu’il doit se « sentir seul…si si », alors, pour combler ce sentiment, il propose un voyage formidable vers l’année 2084. Dans un numéro qui tient de la magie, ce Monsieur Loyal à la voix posée, vieilli, en égrenant les années et meurt.
Nous voilà transportés à la fin du siècle en cours. Dans ce monde, les prénoms ont disparu, Mozart reste eternel, un nouveau Hitler pointe son bras droit et les robots ont le sens de l’humour.

Ces marionnettes ne sont pas dupes, très vite, elles comprennent que quelque chose se trame dans leur dos et cherche à retrouver leur identité et leur humanité. L’amour et les rêves pointent dans des références constantes au cinéma, au théâtre et à la musique.
Le texte de Philippe Dorin se compose d’une succession de saynètes où le second degré est flagrant, on rit franchement en regardant les robots mater une « vhs » du match « Om » « PSG » de 1989. Tellement vintage ! En association avec le théâtre de la marionnette de Paris, les trois comédiens se retrouvent entourés d’un peuple miniature composé de « monstres gentils », de personnage sortis de Star Trek et d’extra-terrestres qui ont la nostalgie du bon vieux temps. Au moment du salut, on est surpris que Vincent Eloy, Vanessa Rivelaygue et Marie Seux ne soient pas accompagnés par les marionnettes au regard si perçant de Michel Klein.
Un spectacle fin et drôle sur les urgences de notre société, sans misérabilisme, c’est une nécessité à voir en famille.
pThéâtre de l’Est Parisien, 159 avenue Gambetta, 20e, résa 0143648080, jusqu’au 19 décembre , 23 €, habitants du 2Oe, + de 60 ans 16 €, – de 15 ans : 8 €
Détail des dates

Mercredi 8 à 15h suivi d’une rencontre)

Jeudi 9, vendredi 10 et jeudi 16 : 10h et 14h30

Dimanche 12, Mercredi 15h, Dimanche 19 à 15h

Samedi 11 et 18 à 19h30

© Michel Klein

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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