Jeune Public

L’univers étrange et poétique de « Luce », par la Compagnie Marizibill

L’univers étrange et poétique de « Luce », par la Compagnie Marizibill

03 mai 2019 | PAR Emilie Zana

Tiraillée entre deux mondes, celui de l’école, lieu de savoir, mais aussi de mystère et d’inconnu, et le monde plus rassurant du chaleureux mais hermétique foyer, Luce, une fillette en âge d’apprendre à lire devra apprendre à voler de ses propres ailes… Avec Luce, la Compagnie Marizibill aborde au Théâtre Paris Villette avec finesse et sensibilité la complexité de l’ouverture sur le monde.

Un récit poétique aux multiples niveaux de lecture

La mère porte un masque imposant, presque tribal, ainsi que de larges draps vieillis en guise de vêtement. Ces choix scéniques – certes simples, témoignent efficacement de la place importante qu’occupe la « tribu » et sa condition sociale dans la vie de Luce, qui d’ailleurs se réfugie littéralement dans les jupons de sa mère. 

Le masque de la mère contraste avec le petit buste tout blanc de Luce, marionnette que la comédienne manipule à l’image d’une chenille dans un « cocon ». Et tandis que la mère brode à l’aiguille cloîtrée chez elle – occupation domestique typiquement féminine – la fille défait au fur et à mesure les fils de son cocon, aidée par son institutrice qui ne porte pas de masque mais des vêtements colorés. Le public est alors témoin de cette sortie lente et douloureuse, abordée de manière étrange et dont il résulte de façon surprenante une tendresse et une poésie qui émeut aussi bien les enfants que les adultes. 

Un conte merveilleux et généreux

Une douceur étrange émane des mouvements gracieux et dansés des personnages couplé aux expressions figées des masques. Les gestes sont accompagnés d’une musique envoûtante et suffisent au récit, les mots étant finalement rares. L’ambiance magique règne sur la scène, accentuée par le plateau tournant et les projections numériques qui font d’ailleurs participer silencieusement le jeune public quand l’institutrice, lumineuse, apprend à Luce la lecture de manière ludique.

La Compagnie Marizibill, après le succès de La Petite casserole d’Anatole (Off d’Avignon 2015), explore encore avec finesse « la thématique de la différence, du handicap et de la difficulté d’être » dans Luce, en adaptant librement le roman de Jeanne Benameur Les Demeurées, dans un spectacle de 50 minutes, dès 7 ans, du 12 avril au 5 mai 2019 au Théâtre Paris-Villette et en tournée en 2019-2020.

 

Ecriture et mise en scène Cyrille Louge / librement inspiré du roman Les Demeurées de Jeanne Benameur (Ed. Denoël) / collaboration artistique Francesca Testi / interprétation Sophie Bezard, Mathilde Chabot, Sonia Enquin / conception des marionnettes Francesca Testi / scénographie Cyrille Louge, Sandrine Lamblin / lumières Angélique Bourcet / vidéo Mathias Delfau / machinerie et régie plateau Paul-Edouard Blanchard / costumes Alice Touvet. Production : Cie Marizibill / co-production : Ecam – Théâtre du Kremlin-Bicêtre, L’Entre-deux – Scène de Lésigny / résidence de création : Studios de Virecourt / soutien : Direction Régionale des affaires culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication, Adami, SPEDIDAM / action financée par la Région Île-de-France / administration-production Cécile Mathieu / diffusion-production Caroline Namer

 

Visuel © Alejandro Guerrero

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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