Spectacles
Il faut parler de « Sans rien dire à personne »

Il faut parler de « Sans rien dire à personne »

24 avril 2022 | PAR Pascal Gauzes

Ce premier seul en scène de Florent Bugeau au Théâtre de la Flèche puise au cœur de l’intime pour apporter un éclairage universel sur la quête de sens. Un numéro d’équilibriste d’une heure, dont on ne pourrait pas garantir la sécurité en conditions réelles, mais qui, dans ce seul en scène viscéral fait sourire, interroge et – on peut le dire -, bouleverse également.

Un cadre intimiste : le Théâtre de le Flèche, rue de Charonne est situé en face du prestigieux restaurant Septime et de la Belle Équipe. C’est un bonheur de pousser sa porte qui donne sur une cour parisienne des plus atypiques et ses petites productions, parfois autoproduites, comme c’est le cas avec Sans rien dire à personne font entendre des voix singulières dans l’offre pléthorique (et netflixique) actuelle de stand up.

Un premier seul en scène audacieux

Florent Bugeau, dont le nom ne vous est peut-être pas inconnu si vous vous intéressez à la distribution cinématographique, monte sur scène, comme il le dit lui-même avec 20 ans de retard. Ayant décidé de prendre des cours de théâtre il y a une dizaine d’années uniquement, sans rien dire à personne (clé de lecture intéressante de la pièce) choisit comme coup d’essai de proposer une mise à nu psychologique. Alors coup de maître ? En s’appuyant sur son chemin de vie personnel, Florent Bugeau nous retrace, à la manière d’une odyssée homérienne, le parcours de Gérald – version raccourcie de Géraldine, prénom de la fille que les parents auraient souhaité avoir – laissant comprendre assez facilement que Florent aurait dû s’appeler Florence.

L’émotion et la réminiscence l’emportent sur la « vanne »

Car si cette évocation du prénom peut faire sourire, tout comme la description des traumas enfantins par un quinquagénaire semblant bien dans ses baskets, ici, ce n’est pas l’humour qui domine. Il reste heureusement présent avec des éléments de mise en scène et d’interaction avec le public afin d’alléger un texte lourd de sens. En effet, l’auteur n’hésite pas à évoquer la détestation de son père, le rejet de son homosexualité et de manière générale la difficulté qu’il a eu tout au long de sa vie à trouver la place qui lui incombe. Et si celle-ci était sur scène ? L’on découvre ainsi un acteur touchant qui joue de manière viscérale en évoquant les années 1980 et la série mythique Fame, qui a très tôt fait germer en lui cette envie de monter sur scène.

Dansée, la scène finale, nous donne envie de prolonger la pièce et de le rejoindre nous mettre en mouvement, tout en nous interrogeant sur la prochaine escale de notre voyage intérieur.

Sans rien dire à personne, Compagnie du Haveneau, de & avec Florent Bugeau, Mise en Scène : Flavie Fontaine, Théâtre de la Flèche, 77, rue de Charonne – 75011 Paris, 0140097040 – [email protected]

visuel (c) Affiche  et visuel : Marie Charbonnier

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Pascal Gauzes
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