Danse
Un spectacle à la carte: Rock’n chair d’Arthur Perole

Un spectacle à la carte: Rock’n chair d’Arthur Perole

15 mars 2017 | PAR Marianne Fougere

Chorégraphe parmi les plus prometteurs de sa génération, Arthur Perole refuse de se prendre trop au sérieux. Des petites salles au Théâtre national de Chaillot, la danse reste un jeu auquel nous sommes tous invités à participer.

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Nous avions découvert Arthur Perole à l’occasion de l’édition 2016 du festival Faits d’hiver.  Déjà nous pressentions le talent d’un jeune chorégraphe bouillonnant ; déjà, avec Scarlett était esquissée une réflexion captivante sur le processus de création. Ce que nous ignorions, en revanche, c’est l’engagement de Perole auprès du jeune public. Aussi, n’avons nous pas hésité une seule seconde lorsque nous avons su que sa nouvelle création accessible à partir de 8 ans était programmée sur Paris en cet hiver 2017.

Premier constat : en ce vendredi soir, la moyenne d’âge, dans la salle Maurice Béjart de Chaillot, a quelques dizaines au compteur. Seules quelques rares têtes blondes prennent place au premier rang du dispositif tri-frontal. Leurs aînés seront sans doute plus disposés à apprécier la bande-son du spectacle à venir, une bande-son composée uniquement à partir de chansons des Doors. Il n’est pas sûr, cependant, que les petiots aient dit leur dernier mot et ce d’autant plus que les danseurs qui attendent en fond de plateau ne semblent avoir d’yeux que pour eux.

La danse, en effet, est un jeu d’enfants et l’espace ressemble étrangement au plateau de la Nouvelle Star. Aux croix rouges et vertes du célèbre jeu télévisé viennent s’ajouter ronds, triangles et carrés, et une palette de couleurs plus nuancée qui renvoie à des espaces spécifiques du plateau dans lesquels les danseurs vont interpréter, seul ou à plusieurs, le motif chorégraphique croix, rond, triangle ou carré. Le spectacle serait cependant bien ennuyeux si seuls la boîte à mouvements ou les danseurs avaient le contrôle des opérations. Le commencement de la partie suppose la participation du public qui de pioche en pioche, de carte en carte à danser, va prendre un malin plaisir à convoquer ensemble trois des quatre danseurs dans l’espace le plus étroit du plateau de jeu, à leur faire exécuter sur un rythme démesuré la danse croix ou à rappeler le danseur qui, au tour précédent, avait tiré une carte joker.

Ce jeu pas si improvisé, qui érige la contrainte en un véritable atout, n’a aucune prétention pédagogique si ce n’est celle de faire comprendre, tout en les tirant, les ficelles d’un spectacle de danse. Danseurs et spectateurs se mêlent les uns aux autres, échangent leurs positions respectives, apportent leurs points de vue singuliers pour co-construire ensemble la pièce en cours, pour co-construire au fur et à mesure un espace chorégraphique qui n’a de cesse d’être remis en jeu. Aussi, Arthur Perole montre-t-il que la danse n’est pas seulement un jeu d’enfants : elle est surtout un jeu sérieux auquel les enfants, petits et grands, peuvent prendre part sans être pris pour des idiots.

Visuel : © Nina Flore Hernandez

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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