Danse
Un appel vibrant aux origines de la danse Kathak au Musée Guimet

Un appel vibrant aux origines de la danse Kathak au Musée Guimet

04 juin 2013 | PAR Marie Boëda

Kathak Gypsies a fait revivre la tradition folklorique de la danse Kathak, aujourd’hui danse classique du nord de l’Inde, au Musée Guimet le 31 mai et le 1er juin. En expérimentant la recherche chorégraphique et musicale, la danseuse Namrata Pamnani et ses musiciens partent à la recherche des racines des Kathak, conteurs qui ont migré vers l’ouest de l’Inde à partir du IXe siècle.

Trois musiciens aux influences multiples retracent la migration des Kathaks sur une base poétique. Le saxophone joué par Sandro Mariotti apporte des sonorités jazz au son oriental du rubâb (instrument de la famille du luth) interprété par Lionel Dentan et de la tabla par Amjad Khan. Ce dernier instrument à percussions, spécifique des musiques kathaks, à l’apprentissage fastidieux, est surprenant par la quantité de sons liés à la diversité des techniques de frappe. Le musicien aux doigts qui galopent avec une agilité indescriptible hypnotise toute la salle.

La danseuse Namrata Pamnani présente dans les premiers temps du spectacle le poème dont elle s’inspire. Un chant profond et vibrant accompagne les notes rythmées du Kathak. Puis la danseuse, parée d’une robe rouge bordée de dorures, ébauche quelques pas qui suffisent à émerveiller l’auditoire qui ne peut plus s’empêcher d’applaudir à chaque pas. Grandiose de précision et de technique, aux airs traditionnels du Kathak, il est difficile de ne pas voir émerger de nombreuses influences. Les jeux de pieds impressionnants rappellent les percussions des pieds en flamenco tandis que les mouvements du haut du corps et certains déhanchés évoquent la danse orientale. Une inspiration restée sur le continent nous transporte vers le Baratha Natyam, la danse classique provenant du sud de l’Inde aux mouvements de bras symétriques et arrondis. Comme pour les danses classiques, des centaines de clochettes sont accrochées à la cheville de la danseuse et rajoutent un instrument parfait au son des pas méticuleux et lestes. Des chants à la rythmique bien spécifique participent d’une autre manière à l’instrumentation plus qu’à la voix.

En relation permanente avec les musiciens, la danseuse semble avoir une attention plus particulière pour le joueur de tabla. Concentré sur les pas de la danseuse, Amjad Kahn s’adapte à ses mouvements et nous régale lorsque seule sa voix accompagne le pas de la danseuse. Désarmante par la vélocité de ses tours à répétition, la danseuse exhibe des mouvements avoisinants l’effet d’une toupie qu’on ne peut là encore s’empêcher de comparer cette fois-ci aux derviches tourneurs.

Fraîcheur et sensualité animent ce retour aux racines kathaks que nous dédie le groupe Kathak Gypsies. La musique entraînante et la danse percutante de précision du Kathak des origines, nous rappellent à quel point l’art a su conserver des influences qui se retrouvent aujourd’hui imprégnées dans des cultures a priori distinctes.

Visuels (c) : photos données par le théâtre.

Infos pratiques

La Gaîté Lyrique
Les Trois Baudets
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture