Danse

« Ruines » de Tatiana Julien : un sillon se creuse

« Ruines » de Tatiana Julien : un sillon se creuse

09 février 2015 | PAR Géraldine Bretault

Dans le cadre du festival Faits d’hiver, Tatiana Julien présentait à l’atelier de Paris sa dernière création, Ruines. Après La Mort et l’extasepuis Douvela jeune chorégraphe poursuit son ambitieux chemin.

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Après des premières pièces remarquées, portées par sa jeune compagnie C’Interscribo, Tatiana Julien semble avoir éprouvé la nécessité du solo, comme pour clore un premier cycle dense de créations. Dans Ruines encore, la mort et l’extase ne sont pas loin, que Tatiana a décidé d’affronter seule face à son public.

Marine de Missolz, assistante à la mise en scène et comédienne chez Stanilas Nordey, a coécrit la pièce avec Tatiana Julien. Le dispositif scénique s’articule autour d’une coulisse sur scène – un espace de retranchement qui permet à l’interprète de se soustraire aux regards, de disparaître de notre champ visuel sans pour autant quitter la scène. Visible ou invisible, la présence de Tatiana reste intense. Portée par une féminité infinie, forte et déterminée, ainsi qu’une pudeur qui s’autorise toutes les audaces, la chorégraphe livre à son public si proche les tourments qui l’animent.

Cette fois encore, Pedro Garcia-Velasquez a composé une pièce contemporaine qui épouse les élans de la danse, accueille le souffle et enrobe les ombres. Les yeux souvent clos, Tatiana se heurte aux parois fragiles, cherche la lumière, manque de se pendre, éprouve la chute libre depuis la hauteur d’une chaise. À deux reprises, elle s’arrête de danser pour dire des textes. Des mots qui disent le poids de l’indicible. Duras, Jacottet.

Le costume varie, comme si changer de mise pouvait aider à changer de peau. Il faut essayer. Tricoter des diagonales, multiplier les voltes comme un derviche léger. Tracer des droites chaloupées. Un solo d’une grande beauté, profond, qui peine peut-être à maintenir ce souffle sur la longueur. Il y a encore tant à danser.

Rencontre avec Tatiana Julien

 

Visuels : © Nina-Flore Hernandez

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