Danse
[Rome] Giulio d’Anna fait compter l’amour à 7 danseurs au Théâtre Vascello

[Rome] Giulio d’Anna fait compter l’amour à 7 danseurs au Théâtre Vascello

10 novembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Depuis plus de 25 ans, la Fondation franco-italienne RomaEuropa organise le festival Roma Europa. Un ensemble de pièces, chorégraphies et performances aussi bien classiques, contemporaines que hip hop qui accueille désormais aussi ds arts numériques et qui compte parmi les plus grands festivals de création du continent.

Cette année parmi des créations nationale sou mondiales de Israel Galvan, Angelica Liddell, Hofesh Shechter ou encore Alain Platel, Toute la Culture a pu compter les bleus amoureux des 7 performers de la troupe Fattoria Vottadini, mis en scène par le génial chorégraphe hollando-italien Giulio d’Anna avec « O O O O O O O », une version italienne d’une pièce montée à Zagreb et qui additionne les émois, bleus, membres et espoirs de ses interprètes mis à nu, pour une comédie humaine colorée et courageuse. parfois le chiffre donne beaucoup de sens, surtout si l’histoire d’amour de Sisyphe s’énonce en nombre de répétitions…

[rating=4]

Toute commence avec … un décompte. Posée devant le piano à demie-queue, une danseuse parle en sous-vêtements de cotons colorés. Face au public, elle compte. Derrière elle, une projection de texte en italien résume ou étire ses propos. cela commence par « Ils ont tous rêvé d’êtres nus ». Les camarades sortent de derrière le piano au fur et à mesure qu’elle nous dit combien d’entre eux sont en couple, prient, sont vierges, sont gays ou hétéros, ont peur de la mort, ont connu un chagrin d’amour… Les 7 corps s’élancent sur le sol peint de rayures noir et blanches et ils avancent s’il font partie du nombre qui répond à tel ou tel critère intime ou humain. L’on rit beaucoup, puis un peu moins quand des sujets graves sont abordés.

A nu, les danseurs le sont. Dénudé sous l’arithmétique implacable qui fait d’eux une masse. Une masse joyeuse et qui chante. Qui danse aussi. D’abord en groupe. Puis, il y a des solo : des monologues, des chorégraphies. Mais le groupe prend le dessus dans un final où les membres ne se décomptent plus et où l’on comprend qu’il faut pas moins de 12 mains pour frapper un corps en chagrin d’amour. Et pas moins de 14 pour se frapper à en devenir rouge, en chantant de manière cathartique « I don’t fear the pain ».

Dans une démonstration géniale et cliniquement numéraire, Giulio d’Anna et la cie Fattoria Vottadini prouvent que si l’on assez de courage et de force de vie, aucun chiffre ne compte plus et les déceptions peuvent s’accumuler, l’on continue à croire au corps qui danse, à la vie qui proteste… Et à l’énergie du groupe qui mène vers la création et la beauté.

Devant la salle comble du Teatro Vascello à Rome, le long cri qui ne compte plus ses « O » des 7 danseurs et de son chorégraphe venu saluer lui aussi en slip, ont connu triomphe et reconnaissance. Comme quoi, quand on dépasse les chiffres avec les corps, la vie transcende la mélancolie qui calcule…

visuels : RomaEuropa/ page facebook de la cie Fattoria Vottadini

Apocalypse Grèce antique ? Les origines de la Grèce à Saint-Germain-en-Laye
Zombie or not zombie ?
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture